Analyses, projections et décisions. (dimanche, 04 juillet 2021)

Il est toujours utile et précieux de prendre le temps de poser quelques mots pour analyser ou au moins porter une opinion sur le résultat des élections. Une semaine nous sépare du second tour des départementales et des régionales et avant la coupure estivale ce qui me vient à l'esprit c'est "ouf" mais également "quel gâchis". "Ouf" car la gauche conserve la région Bretagne avec un score du RN, hélas toujours trop haut, mais bien en deçà de ce qui nous avait été promis. "Ouf" car la terre démocrate chrétienne se dote d'une nouvelle équipe qui saura, je le souhaite, relever les défis régionaux. Félicitations aux nouveaux élu.e.s de la majorité et bon courage aux élu.e.s de l'opposition ou plutôt des oppositions. "Quel gâchis" à présent, pour deux raisons : la première pour cause de participation extrêmement faible ce qui amène les équipes et candidats à être élus avec un corps électoral qui ne veut plus dire grand chose. J'ai lu que le président de l'Assemblée Nationale lançait une commission sur ce sujet : à la bonne heure! Mais comment et que faire pour que les citoyens viennent voter? Chacun y va de son commentaire et de ses remarques : j'avoue quant à moi être démuni. En effet, le temps, le sport, la famille, les occupations diverses sont tout autant d'excuses données mais qui ne peuvent masquer la réalité de ce qui nous est donné en tête à tête sur les marchés ou en famille : "on s'en fout". Aussi direct que violent pour la démocratie. Si à cela on ajoute la perte de la majorité au département , le gâchis est total. Pour si peu! 5 voix ici, 120 là. Je ne me lancerai pas dans des analyses d'instituts de sondages mais juste que les chiffres sont têtus! La participation du second tour est peu ou prou identique à celle du 1er tour, il n'y a donc pas eu d'effondrement ni de sursaut de la mobilisation. Par contre, les flux de voix ont évolué sachant que mon obédience politique avait un réservoir de voix assez fourni avec nos amis du pôle écologiste et fédéraliste. Si la majorité des électeurs a suivi ici et là, une cassure s'est opérée quand, lundi 20 juin, il n'y a pas eu d'union/fusion, pour les Régionales, avec EELV/UDB/G.s/ND. La semaine qui débutait, en Finistère, nous a permis d'alerter du risque de déperdition des voix, des retours du terrain sur l'incompréhension. Des prises de positions publiques aussi mais rien n'y a fait. Si la stratégie a été payante pour la Région, elle s'est soldée, entre autres, par une défaite sur le fil en Finistère (*). Je n'étais pas dans les négociations du second tour donc je n'ai que ce que l'on a bien voulu m'en dire, et je n'ai aucune raison d'en douter. Juste que, vu de ma fenêtre, une stratégie de fusion (dans un sens ou dans un autre) se prépare quelque jours en amont, pas en 4-5 heures en une nuit. La participation très faible et l'absence d'accord aux régionales ont, dès lors, eu pour conséquences de rater la marche pour quelques centaines de voix. Nous ne pouvons que le regretter et, voilà quelques années en arrière à un candidat PS aux législatives de 2007 qui avait échoué de cent et quelques voix il m'avait été asséné " que ce soit de 3000 voix ou de 100 voix, le résultat est le même. La frustration pas tout à fait". De plus, une élection départementale a cela de singulier que si c'est une campagne départementale, chaque binôme joue son élection dans son propre canton. C'est donc avant tout une élection de terrain avec, au final, des reports de voix qui théoriquement s'opèrent du mieux possible pour dépasser les 50+1 au second tour. Ce ne fut pas le cas partout, certains nous faisant payer la non fusion aux régionales. C'est ainsi... En attendant, félicitations aux élu.e.s du groupe Finistère et Solidaire qui sera mené par Kévin Faure pendant 7 ans. La reconquête démarre aujourd'hui et il serait bon que la totalité des 28 élus de gauche de l'opposition l'intègre au plus vite.

La gauche n'est pas abattue, elle n'est pas terrassée et elle reste sur le banc de touche en 2021, pour le département, pour quelques voix. Les bases de l'union ont été posées dès le premier tour avec le PCF, le PRG et les régionalistes. Ce fut long mais ce travail mené par la fédération du Finistère a su éviter les couacs ici et là dans nombre de cantons. Ce sera donc la voix à suivre et à élargir si nous voulons reconquérir ce que nous avons perdu. Les Côtes d'Armor ont su le faire dès le premier tour avec toute la gauche, la Loire Atlantique également (elle s'est même payée le luxe de progresser en nombre de cantons). Je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas possible en Finistère. Une large majorité d'adhérents du PS le souhaite. Ce sera probablement l'un des enjeux des échanges du prochain congrès de notre parti à la rentrée. Je souhaite plus que des majorités et des oppositions, que chacun ait la sagesse d'apaiser les choses et de privilégier la concorde plutôt que la discorde : nous n'avons aucun intérêt à cela même si certains en ont les moyens. Avec l'équipe fédérale élue en mars 2018 nous avons fait un boulot immense, nous avons stoppé l'hémorragie, nous avons repris le chemin des marchés et des manifestations, nous avons avec les collègues du 22, 56 et 35 travaillé au sein du BREIS, nous avons tenu plusieurs soirées thématiques (sur la famille, la santé, l'engagement syndical etc...), nous avons remis la fête de la gauche au goût du jour, nous avons su ré-attirer des militants un peu partout après les municipales réussies. Et pourtant ce travail est long, parfois ingrat, mais nécessaire avec une dynamique de groupe. Rien en 2018 ne me prédestinait à devenir 1er secrétaire fédéral, je l'ai fait avec une équipe, que je remercie, parce que personne ne s'y intéressait, parce que le traumatisme de 2017 avait détourné les militants de leur parti. Il est certes plus aisé et plus glorieux d'être aux manettes quand tout va bien et lorsque vous êtes à 30% dans les sondages; je savais que ce n'était pas le cas et nous l'avons fait avec Gabriel, François-Marie, Pierre, Tristan, Rachel, Florence, Olivier, Catherine, Josselin, Kévin, Arnaud, Isabelle et Forough. Le chemin est encore long mais j'ai confiance en la capacité des socialistes à se réinventer, à se rassembler pour être le moteur d'une gauche sociale et écologique qui doit être la réponse y compris au niveau national. Renoncer à la tentation hégémonique pour adopter la posture de fédérateur des forces de gauche; telle n'a jamais cessé d'être ma position. Voilà d'ailleurs le seul "conseil" que je pourrai donner à mes camarades qui prendront le relai de la direction fédérale dans quelques semaines quand une nouvelle équipe sera élue. Quelle qu'elle soit, je lui apporterai mon soutien pour le travail à mener. Vous l'aurez compris, je ne solliciterai pas un second mandat de 1er secrétaire fédéral : pour effectuer cette tâche il faut une disponibilité supérieure à celle que je peux avoir actuellement entre la mairie, la métropole et d'autres engagements, notamment mon métier quand celui-ci pourra enfin m'être rendu. Sur une échelle de 1 à 10 niveau agenda, j'oscille entre 15 et 20 depuis des semaines, sans m'en plaindre, mais juste de manière factuelle il s'agit de faire des choix et j'ai pleinement confiance en celles et ceux qui s'engageront à l'occasion du prochain congrès. A condition que ce ne soit pas dans un esprit de clan, de revanche et de placement de candidatures à plus ou moins long terme : chacun a bien compris maintenant que cela ne pesait plus sur la suite des événements.

Humilité et résilience!

A bientôt.

Yohann Nédélec

 

(*) : un recours a été déposé pour le canton de Brest 3 pour plusieurs motifs de nature à altérer la sincérité du scrutin pour 5 voix d'écart. Tout reste donc, encore, ouvert selon les décisions prises par le tribunal administratif.

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