lundi, 19 janvier 2009
Demain il sera Président
Demain se déroulera l’investiture de Barack Obama comme 44ème président des Etats-Unis. Cet évènement planétaire, qui n’a de cesse d’occuper les médias depuis le 4 novembre 2008, va enfin se traduire par une installation officielle à la Maison Blanche.
Il y a beaucoup d’espoirs en lui, beaucoup d’attentes aussi. C’est, en somme, à chaque fois le même sentiment de la part d’une population qui arrive à bout de souffle au même titre que ses dirigeants ont usé par tant d’impopularité et tant d’actions, assumées, mais rejetées par un peuple qui ne s’y reconnaît plus.
Ce matin j’entendais sur France Info un reportage qui affirmait que Barack Obama sera le 1er et dernier président noir des Etats-Unis. La question qui vient à l’esprit c’est « pourquoi le dernier ? ». Tout simplement parce qu’après l’élection de novembre 2008 la barrière raciale est tombée au même titre que d’autres barrières peuvent tomber dès lors que l’on est candidat à quelque chose. Obama peut très bien se faire réélire dans 4 ans, plus jamais le facteur de la couleur de peau ne sera mis en avant. On écoutera Obama comme président et non plus comme candidat « afro-américain ».
Reste, au final, à ce qu’il puisse s’attaquer aux problèmes et les résoudre de manière efficace. Il semble que les américains soient attentifs au changement…
12:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : obama, président, usa
Commentaires
L'ironie de l'histoire, c'est que Barack Obama ne semble s'être jamais réellement perçu comme étant noir, ni blanc, mais les deux en même temps. Sauf qu'à force de se faire dire qu'il était noir, il a eu l'intelligence d'embrasser cette perception du public dans laquelle il trouvait à la fois sa zone de confort et sa crédibilité.
Dans le Washington Post, Marie Arana a écrit que "Barack Obama n'est pas notre premier président noir. Il est notre premier président biracial et biculturel... un pont entre les races, un symbole vivant de la tolérance, un signe qu'on doit en finir avec les catégorisations raciales bien définies"
Dans un monde bombardé de stéréotypes, toute notion de double-allégeance peut paraître difficile à comprendre, qu'il s'agisse de barrière raciale ou d'autres barrières. Les gens issus de groupes minoritaires, visibles ou non, portent souvent un regard juste et nuancé sur les deux côtés de la barrière. Ils ont souvent un talent inné et inconscient pour faire de leur différence un atout, sans que celle-ci soit pour autant au centre de leur discours.
J'ai soutenu Barack Obama depuis sa candidature à l'investiture démocrate. À la veille de son arrivée à la maison blanche, je me dis que beaucoup seront déçus, tant l'espoir est grand. Déjà, pendant la campagne présidentielle, il n'a pas craint de recentrer son discours et de se prononcer en faveur de la peine de mort et contre le mariage gai.
Au sortir de l'ère Bush, il est parfaitement conscient de l'ampleur de la tâche à accomplir et de la lourdeur des dossiers: Réformer le système de santé, quitter l'Irak, redresser l'économie...
Rien de tout cela ne se fera sans l'appui de la base, c'est à dire le peuple américain. La grande inconnue est de savoir si les Américains seront capable de faire des remises en question sur leur image dans le monde et leur empreinte sur celui-ci, sur leur projet de société, sur la manière dont ils gagnent leur argent et leur mode de consommation (la crise actuelle démontrant que ce dernier n'est pas soutenable); en d'autres termes, remettre en question leur vision unilatérale et individualiste.
Même si je reste persuadé que les États-Unis ont élu le meilleur candidat, Obama n'est pas le Messie que certains attendent. Que les Américains soient attentifs au changement ne suffira pas. Le changement devra venir d'eux-mêmes si leur président sait les inspirer.
Ecrit par : FranckYUL | lundi, 19 janvier 2009
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