mardi, 20 janvier 2009
Lancement de l'Agenda 21
Promesse de campagne et volonté de la majorité des élus nationaux, nous lancerons vendredi soir, avec Ronan Tanguy et Romuald Hubert, à l’Astrolabe, la première réunion publique destinée à la population et aux associations concernant notre Agenda 21 local.
Durant la campagne électorale de l’année dernière vous aviez été nombreux à nous interpeller sur ce sujet. J’avais, à l’occasion de la présentation du programme le 25 janvier, annoncé la création de cet Agenda 21 destiné à établir un cahier des charges précis et rigoureux sur l’ensemble des décisions municipales.
Souvent et de manière générale, la population interprète le terme d’Agenda 21 comme spécifiquement destiné à évoluer sur un plan uniquement environnemental. Si cette donnée est essentielle elle n’est pas la seule. Le social, les ressources humaines, les constructions, les associations... Tous ces éléments doivent rentrer dans un cadre précis et répondre à des exigences pour, je cite « permettre de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ».
Car tout est lié. Finis les projets à la petite semaine et qui tendent à ne voir qu’à un horizon limité (5 à 10 ans) ; il faut se projeter sur du long terme avec une vision qui va de 25 à 40 ans minimum. Comment sera Le Relecq-Kerhuon dans 40 ans ? Quelles habitudes auront pris ses habitants ? Comment fonctionneront les services publics ? Que restera t-il de nos bâtiments municipaux construits récemment ?
Lourd chantier que l’équipe municipale entend saisir à bras le corps pour répondre par des actions concrètes dès le budget 2010 si nous avançons suffisamment vite et bien. Brest métropole océane sera partenaire de ce travail. Je ne peux que vous inviter à venir découvrir les premières bases, les premières pierres de ce qui sera, à partir de 2010-2011, notre livre de chevet pour toutes les actions impliquant l’être humain dans son environnement.
* Logo Agenda 21 réalisé par Caroline Garrec, service communication, Hôtel de Ville.
13:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : agenda 21, environnement, développement durable
Commentaires
J’avais envie d’apporter ma petite pierre au grand édifice que pourrait devenir l’Agenda 21 de la ville en vous parlant des couches lavables.
L’utilisation des couches lavables entre, à plusieurs titres, dans le cadre des initiatives de l’Agenda 21 sur lequel se sont engagées les collectivités et sur lequelles pourrait s’engager notre dynamique commune.
Pourquoi les couches lavables sont écologiques
Les couches jetables, par rapport aux couches lavables, consomment :
- 3,5 fois plus d’énergie
- 2,3 fois plus d’eau
- 8,3 fois plus de matières premières non renouvelables
- 90 fois plus de matières premières renouvelables
- De plus, elles génèrent 60 fois plus de déchets solides.
L’empreinte qui correspond à un espace fictif nécessaire pour générer les matières premières et l’énergie, et traiter les résidus provenant d’une activité ou d’un produit.
Couche jetable : 4 300 m2 par enfant
Couche lavable : 2 300 m2 par enfant
Pour un seul enfant, les couches jetables représentent
- 4,5 arbres
- 25 kg de plastique, obtenus avec 67 kg de pétrole brut
- 5 400 couches jetées aux ordures ménagères, partiellement décomposables en plus de 200 (voire 500) ans. Ce qui représente 1,2 tonnes de déchets, ou un volume de 35 m3.
Relativisés à la France, ces chiffres donnent par année :
- 3 milliards de couches
- 5,6 millions d’arbres
- 47 000 tonnes de pétrole brut pour produire 15 200 tonnes de plastique
Une seule couche jetable joue son rôle quelques heures puis subsiste 200 à 500 ans sous terre.
Une couche en coton s’utilise des centaines de fois, puis peut servir de chiffon et se décomposer totalement en 6 mois.
La couche lavable réutilisable permet au bébé d’être déjà un consommateur respectueux de l’environnement dans lequel il va vivre.
Selon certaines études, les couches jetables représentent la troisième composante en importance dans les déchets urbains, après les journaux et les récipients de boisson et d’aliments.
Jusqu’à ce qu’un enfant soit propre, il aura utilisé entre 5 et 7 000 couches jetables qui prendront de 300 à 500 ans à se détruire dans l’environnement.
Les couches de tissu réutilisables n’épargnent pas seulement nos sites d’enfouissement ; pour les fabriquer, on ne prélève qu’une fraction des ressources qu’utilisent les autres couches. Il suffit de moins de 10 kg de coton pour fournir toutes les couches réutilisables dont bébé a besoin au cours des deux années et demie où il portera la couche. Il faut environ 200 kg de pâtes en flocon et 130 kg d’autres matériaux (du plastique surtout) pour fournir, durant la même période, toutes les couches jetables dont il aura besoin.
Les couches réutilisables sont le choix écologique, parce qu’elles soulagent nos sites d’enfouissement, utilisent moins de ressources telles que la pâte et les plastiques, et les selles des bébés sont en grande partie dirigées vers les installations municipales de traitement des eaux usées.
Nous devrions jeter les excréments dans les toilettes et rincer les couches jetables avant de les mettre à la poubelle, mais peu de gens le font. Des virus peuvent y survivre jusqu’à deux semaines. L’OMS demande de cesser le rejet de matières fécales dans les sites d’enfouissement.
Beaucoup de couches sont directement incinérées mais l’incinération n’est pas une meilleure solution car, malgré le progrès des usines d’incinération, elles dispersent dans l’air des cendres et des rejets de dioxines.
Pourquoi les couches lavables sont
économiques pour la collectivité
L’exemple de la petite enfance
Près de 2 000 000 € de dépense pour le Finistère
Nous prenons ici l’exemple de la petite enfance car plus facile à quantifier que les couches jetables utilisées par les jeunes adultes et les personnes plus âgées.
On peut estimer que les couches jetables des 10 000 bébés qui naissent chaque année dans le Finistère génèrent 13 000 tonnes de déchets non recyclables. Cela représente 2 000 000 € à la charge de la collectivité…
Des solutions alternatives sont possibles
quand les collectivités s’engagent :
>> Partant du constat que traiter une tonne de déchets coûte environ 150 € à la commune, la commune de Louvain (jumelée d’ailleurs avec Rennes) en Belgique a décidé d’allouer une somme de 100 € aux parents qui achètent des couches en coton pour un montant total de 200 €, soit 50% du prix d’achat.
>> Toujours en Belgique : la commune de Huldenberg a estimé que le poids de déchets en couches jetables pour un seul enfant est de 1062 kg. La gestion des déchets coûte à cette commune 160 € par tonne. En offrant pour chaque bébé une prime allant jusque 100 € lors d’achat de couches lavables, la commune estime qu’elle fait des économies.
>> En Allemagne, des primes sont versées aux familles qui utilisent des couches lavables et les Allemands payent une redevance ordure ménagère en fonction du poids de leur poubelle à l’année.
>> En Angleterre, de grosses structures de location et lavage de couches sont encouragées et soutenues par le gouvernement. Ce service atteignait 8 % des bébés anglais en 2000.
>> En Autriche, en 2000, la CEE a réalisé une entreprise expérimentale pour la ville de Vienne, dans le but de réduire les déchets et de créer des emplois pour des personnes en chômage de longue durée. Aujourd’hui, l’entreprise fabrique les couches lavables qui sont utilisées dans les crèches de la ville et exporte une partie de sa production dans le monde entier jusqu’en… France. De plus, du personnel travaille à l’entretien et à la livraison des changes lavables tant vers les particuliers que les vers les collectivités.
>> En Bretagne, l’association Territoires, Villes et Développement Durable est depuis 2006 partenaire du programme Equal Marguerite en partenariat avec la Conférence de Villes de Bretagne, l’ARIC, la CRES de Bretagne et l’ADEME.
Marguerite est un programme co-financé par le fonds social européen (EQUAL) à dimension locale, interrégionale et transnationale.
Au sein de ce programme se développe une action concernant les pratiques éco-responsables des professionnels et des parents dans le secteur de la petite enfance.
Actuellement plusieurs crèches en Bretagne sont dans un travail d’expérimentation et d’auto-diagnostic.
Ces sites engagent également un travail sur la réduction des déchets et plus particulièrement sur la mise en place de période-test concernant l’utilisation de couches lavables.
Le volume de couches lavables que représente une telle action est très important. Le projet est de mettre en place un éco-service de location-lavage-livraison des couches dans une démarche de développement durable dans le secteur de la petite enfance.
Ce projet se développe dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. En effet les différents partenaires travaillent dans le domaine de l’insertion.
Cette solution est particulièrement adaptée aux structures de la petite enfance (crèches municipales ou associatives, assistantes maternelles) qui verraient là non seulement une source importante d’économie mais également un allègement des tâches liées à l’approvisionnement, au stockage et à l’élimination des couches jetables.
Une plus grande utilisation des couches réutilisables donnerait rapidement des perspectives d’entreprises concernant la fabrication des couches et leur entretien. Ces projets économiques pourraient se conjuguer avec une démarche sociale en collaboration avec les structures existantes ou à créer : Centre d’aide par le travail, structures de réinsertion, entreprises nouvelles…
Élargies aux problèmes d’incontinence chez les adultes et les personnes âgées, ces perspectives ne sont que renforcées.
Accepter un « sur-investissement »
pour économiser l’environnement
Une enquête auprès de la population montre le manque d’information sur le sujet des couches. Même si les média commencent timidement à « traiter » le sujet, seul un public averti a pour l’instant accès à cette information.
L’utilisation des couches lavables entre, à plusieurs titres, dans le cadre des initiatives de l’Agenda 21 sur lequel se sont engagées les collectivités.
Villes, Départements, Région, chaque collectivité pourrait relayer cette information grâce à ses outils de communication (magazine, sites internet) mais peut-être aussi créer ses propres dépliants de sensiblisation comme cela est fait concernant le tri selectif ou l’utilisation des sacs plastiques.
Si la construction de bâtiments publics respectant des normes environnementales (comme la crèche de Carhaix par exemple) représente un sur-investissement au départ du projet, les économies réalisées à moyen et long terme justifient pleinement ce choix et pèsent d’autant moins sur l’avenir de la collectivité. Et, pour une collectivité, quelle meilleure façon d’expliquer que de donner l’exemple ?
L’utilisation de couches lavables participe de la même dynamique citoyenne. Tout comme il existe des réductions d’impôts ou des subventions pour les équipements respectant le développement durable, l’utilisation des couches lavables et réutilisables pourrait dès maintenant bénéficier de l’aide des collectivités qui, à terme, en tireront les bénéfices : réduction des déchets à la source, diminution de la pollution, création d’emploi, lien social.
Les initiatives privées et la volonté publique doivent pouvoir se conjuguer dans cette démarche.
Quand l’arbre du sac plastique cache la forêt des couches…
Le sac plastique La couche jetable
Met 400 ans à se détruire Se décompose en 300 à 500 ans
Environ 70 000 t. par an 900 000 t. de déchets par an
En Finistère 1 200 tonnes par an
L’équivalent en couches de 100 bébés
Il en nait 10 000 par an en Finistère !
Les actions concernant les sacs plastiques ont permis de passer de 17 milliards à 6 milliards de sacs utilisés en 2005. Ces chiffres nous montrent toute la pertinence de la promotion de l’utilisation de la couche lavable.
Ai-je été un peu long ?... Le sujet , avouons-le, méritait d’être développé car trop souvent ignoré.
Bien à vous
Claude
www.loulidesbois.fr
Ecrit par : Claude Bécam | vendredi, 23 janvier 2009
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