lundi, 09 février 2009
Le Pen, toujours Le Pen
Jean Marie Le Pen a une nouvelle fois dérapé, volontairement, pour faire parler de lui à l’occasion des élections européennes. Selon lui, peut-être un jour, le maire de Marseille s’appellera « Ben Gaudin ».
Oui, et ensuite ? Où est le malaise ? Où est le problème ? Est-ce une honte d’avoir un maire, un député, un président d’origine maghrébine ? Les Etats Unis ne viennent-il pas d’infliger une belle leçon au monde entier avec l’élection de Barack Obama ?
Beaucoup d’interrogations pour une seule et même réponse : la haine des autres, des couleurs, des populations caractérise bien ce que je déteste le plus chez un homme qui, tel le chant du cygne, tente une dernière envolée sémantique pour se faire remarquer. Et de quelle manière. Cette résurgence nationale va dans la lignée de ce qui se passe avec la réintégration des évêques intégristes : non la shoah n’a pas existé, non il ne retirera rien tant que des preuves ne seront pas trouvées…
Quelle tristesse d’en arriver là. Quelle tristesse de continuer, en ces temps de tensions mondiales, à opposer les uns aux autres et/ou de revenir sur des vérités qui ne demandent qu’à être acceptées, pas ignorées.
Aujourd’hui il pleut, aujourd’hui je trouve que l’extrême droite fait beaucoup parler d’elle et ça me met de mauvaise humeur.
10:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, le pen, extrême droite
Commentaires
Oui, la haine fait beaucoup parler d'elle aujourd'hui. Et pas que en France : elle devrait avoir son heure de gloire demain également, en Israël, puisque le parti d'extrême droite anti-musulmans s'annonce avec un bon score. Rejet de l'autre, instrumentalisation de la peur, délire sécuritaires, toujours les mêmes ficelles, quel que soit le pays.
Mais le rejet et la stigmatisation, la division et l'opposition de groupes distincts a deux visages... Trois, même, peut-être, avec la guerre des classes que nous promet l'extrême gauche. Au delà de l'extrême-droite, c'est bien la façon dont Sarkozy et l'UMP font de la politique. La division est devenue une méthode de gouvernement. La segmentation de notre pays est une technique destinée à faire les réformes : chacune stigmatise une minorité pour que la majorité trouve la réforme juste, presque par jalousie... C'est tantôt ces fainéants de fonctionnaires, ces salops de pauvres, ces incompétents de magistrats, ces médecins trop coûteux, ces égoïstes de cheminots, ces traitres de syndiqués...
C'est tout le contraire d'une politique du vivre ensemble, d'une politique qui unifie et qui rassemble le pays pour l'intérêt général est le bien de tous... Une chose est sur, cette politique du vivre ensemble ne viendra pas de la droite, mais bien seulement de la gauche démocratique.
Ecrit par : Etienne | lundi, 09 février 2009
Hey ben, moi, pour une fois, j'aurais tendance à partager l'avis de JC Gaudin, maire de Marseille, qui s'est dit extrêmement en colère à cause des propos tenus par le leader du Front National.
Yves Moraine, président du groupe UMP au conseil municipal de Marseille rajoute : « Jean-Claude Gaudin croit à la rédemption donc il pensait qu'avec l'âge M. Le Pen se bonifierait. Un peu comme le vin mais visiblement ce n'est pas le cas ».
L'homme est désormais connu comme le loup blanc, plus rien ne nous surprend de sa part, toutes les voies pour faire entendre parler de lui deviennent exploitables.
Malheureusement, non seulement je ne crois pas à la rédemption mais en plus j'ai bien peur que l'avenir (sa fille notamment) nous réserve des choses plus fines et beaucoup plus pernicieuses...
Ecrit par : Léa | lundi, 09 février 2009
Le Pen, Williamson, moins on en parle, mieux c'est. A eux deux, ils représentent tout ce qu'il y a de plus détestable, haissable. Honte à eux
Ecrit par : Michel | lundi, 09 février 2009
Il est faux d'assimiler le Likud à un parti d'extrême droite. Il est bien ancré à droite et on sait déjà que Benyamin Netanyahu n'a jamais fait dans la dentelle, mais ce n'est pas un parti d'extrême droite. Le parti Kadimah avait suscité de grands espoirs lors de sa création, tant sa capacité à fédérer les forces politiques du pays était grande. L'espoir était d'autant plus grand que Kadimah avait pour fondateur Ariel Sharon, revenu à des idées et des procédés plus modérés. Malheureusement, on sait que l'AVC de Sharon a conduit Ehud Olmert à la tête de Kadimah. Or, il n'a jamais eu ni la carrure, ni le capital de confiance que le peuple d'Israël accordait à Sharon. Le désastre de la guerre hasardeuse lancée contre le Hezbollah à l'été 2006 a bien montré le manque d'envergure d'Ehud Olmert.
Je crois fermement que Tzipi Livni est arrivée trop tard à la tête de Kadimah pour pouvoir influer sur la campagne législative et c'est bien dommage car elle aurait beaucoup à apporter comme Premier Ministre.
Les résultats de demain nous diront comment Kadimah aura réussi à résister à sa propre dislocation du fait de la radicalisation de son électorat venu de droite, peut-être même de gauche... Encore une fois, on constate que la vie politique israélienne est en quelque sorte otage de ses partis minoritaires.
Jean-Marie Le Pen a toujours fait campagne sur des propos aussi rhétoriques qu'orduriers, comme si le sens de la formule pouvait cacher l'indigence du raisonnement. Le plus énervant, c'est même s'il s'agit le plus souvent de gesticulations qu'on aimerait ignorer, on ne peut pas laisser une personnalité politique qui a la moindre audience répandre de telles inepties.
Quant au Pape, il semble avoir fait le choix de ramener les intégristes catholiques sous l'aîle du Vatican plutôt que de continuer à dresser des ponts entre les religions. Certains journalistes aujourd'hui ont rapporté l'hypothèse que Benoît XVI n'était peut-être pas au courant des déclarations négationnistes de l'Évêque Williamson sur la Shoah. C'est absurde au mieux, fortement inquiétant au pire...
Il est quand même intéressant et heureux de voir qu'Angela Merkel est le premier chef d'État à intervenir pour demander au Vatican les "clarifications" qui s'imposent dans cette affaire. Benoît XVI est allemand et l'histoire de la Shoah tient une place très complexe et particulière dans la mémoire collective du peuple allemand. Il était important que ce geste de la part de la chancelière allemande soit posé.
Ecrit par : FranckYUL | mardi, 10 février 2009
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