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dimanche, 17 novembre 2019

Invitation du Président de la République

Monsieur le Président de la République,

J'ai bien reçu, comme l'année dernière, votre invitation à venir à votre rencontre au Palais de l'Elysée le mercredi 20 novembre 2019 à 19h et vous en remercie.

Je me permets, cette année encore, mais pour des raisons différentes, de m'étonner de cette invitation qui concerne l'ensemble des Maires inscrits au congrès - soit un peu plus de 5000 maires selon l'Association des Maires de France que j'ai fait contacter - , alors que, dans le même temps, les services de l'Elysée informent qu'il n'y aura de place au sein de la Salle des Fêtes que pour 1500 personnes. L'Elysée précise, dans votre invitation, qu'il est urgent de répondre par oui ou par non, sinon il ne sera plus possible de venir. Etonnant procédé : soit on invite les 5000 soit personne. Un Maire lorsqu'il adresse une invitation aux voeux, il jauge en fonction des invitations expédiées, pas en précisant que les premiers seront servis.

Contrairement à l'année dernière où vous n'aviez pas fait le déplacement Porte de Versailles, et selon les informations relayées par la presse, vous devriez être présent au Congrès des Maires la veille. Je vous en remercie car il est important que vous honoriez votre parole donnée en 2017 d'une part, et que vous veniez à notre rencontre, d'autre part là où sera la quasi totalité des 5000 Maires. Cependant, permettez moi d'être interrogatif en tant qu'élu local de 41 ans, Maire jusqu'en mars 2020 après un total de 12 années en tant que premier magistrat d'une ville bretonne, Le Relecq-Kerhuon, 12 000 habitants. En effet, chaque mois, chaque année pour nos budgets primitifs nous comptons nos euros pour ne pas avoir à faire évoluer la fiscalité locale. En effet, depuis que l'Assemblée Nationale a voté la disparition de la taxe d'habitation et en complément des nombreuses baisses de dotations que nous avons subies, je sais ce que représente de faire des économies pour une ville (1). Vous même avez exigé avec le "pacte de Cahors" que certaines villes d'une certaine strate, ainsi que les métropoles, ne dépassent plus 1,2% d'augmentation par an en dépenses de fonctionnement sans quoi, nous serions à l'amende. Bien loin donc des lois de décentralisation votées en 1982. J'en traduis donc que vous êtes sensible aux économies puisque vous militez activement pour la baisse des emplois publics aux 4 coins de la France.

Monsieur le Président, le budget de l'Elysée (2) est passé de 103 millions d'euros par an à 105 pour 2020 (+1,94%). L'Assemblée Nationale a voté cette hausse, laquelle était déjà de 7% entre 2017 et 2018. Dans le même temps, nous, nous perdons des recettes, l'on nous prive des leviers qui nous permettent d'investir pour l'avenir et pire, on nous montre du doigt comme si nous étions de mauvais gestionnaires. Ceci est usant et terriblement fatiguant. Nous sommes au quotidien a la portée de nos administrés. Et personne ne me réclame moins, tout le monde veut plus. Que vois-je? Que l'on nous demande à nous, élus locaux de nous serrer chaque jour un peu plus la ceinture et qu'en face, au siège de la présidence, le budget continue d'augmenter. J'ignore combien coûtera la réception pour les Maires, probablement une goutte d'eau dans le budget global; mais la décence voudrait qu'après le mouvement des Gilets Jaunes, qu'après ce que votre majorité a voté pour diminuer nos capacités d'investissement, vous ne fassiez pas cette soirée privée aux frais de la République. Votre seule présence au Congrès des Maires suffisait amplement à satisfaire les premiers édiles de notre République. Moi le premier.

Monsieur le président, c'est un Maire désabusé et dans l'incompréhension la plus totale à la lecture de votre invitation qui vous adresse cette lettre ouverte. Mais comme je suis homme à assumer mes écrits et mes responsabilités, je serais heureux de pouvoir vous l'exprimer en face à face à l'occasion de votre visite Porte de Versailles. Cette lettre restera sans doute comme une bouée à la mer, mais elle traduit le malaise profond que subissent les Maires de notre pays.

Pour toutes ces raisons, et vous l'aurez compris, je décline votre invitation au Palais de l'Elysée.

En espérant avoir retenu toute votre attention,

Veuillez agréer, Monsieur le Président, en l'assurance de ma plus haute et républicaine estime.

 

Yohann Nédélec

Maire de Le Relecq-Kerhuon (29), 2ème vice-président de Brest métropole.

(1) Le Relecq-Kerhuon, depuis 2017 : perte de près de 300 000€. Soit l'équivalent de 10 agents de proximité, le changement d'une toiture de gymnase, la construction d'un Point Information Jeunes, de deux années de reste à charge pour la collectivité pour la restauration scolaire, de 10 véhicules municipaux électriques ainsi que le changement total de notre parc luminaire en mode LED. 

(2) Budget Elysée

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11:01 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

C’est sans doute l’absence de cette subvention qui justifie l’absence d’un passage piétons plusieurs fois demandé au niveau du calvaire de la rue Mirabeau, et entre le biocop et le Leclerc... alors que l’on trouve du budget pour refaire le rond point du bd Massin. Ce sont vos choix.

Écrit par : Bertrand | mardi, 19 novembre 2019

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