mercredi, 27 mai 2009
Diversion!
Le moins que l’on puisse dire c’est que depuis quelques jours, les membres du gouvernement Fillon s’en donnent à cœur joie.
Ils font proposition sur proposition. Je dois vous avouer que sur fond d’élections européennes, je me demande dans quelle mesure tout cela n’a pas vocation à faire diversion dans une campagne où abstention pourrait bien rimer avec atténuation… des résultats médiocres obtenus depuis leur élection par Nicolas Sarkozy et consort.
Mais alors là, la diversion est à la mesure de la nécessité d’atténuer si j’en crois, j’ose le terme, les énormités portées récemment par Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, d’une part et Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale d’autre part.
Le premier a annoncé lundi le dépôt d’un amendement à l’Assemblée Nationale permettant aux salariés en arrêt maladie de continuer à travailler. Comment dire ? Est-ce là le signe de la nécessité de travailler plus pour gagner plus ? De l’image farouchement dévouée de Rachida Dati sortant de la maternité et reprenant le chemin du ministère quelques jours après son accouchement ? J’aurais eu tendance à croire que c’était une blague si Xavier Bertrand n’avait pas soutenu ladite proposition dès ce mardi matin arguant que ce dispositif « répond à un problème précis ». Et puis est venu l’après midi de ce mardi où finalement « l’amendement Lefebvre » aura fait un pshittt, désavoué par la voix de Nathalie Kosciusko-Morizet qui annonçait que le gouvernement était défavorable à cette proposition qui « peut être mal interprétée ». Dont acte !
Quant au deuxième, le voilà parti à supprimer pas moins de 13 500 postes d’enseignants mais à créer des sortes de « forces mobiles qui dépendraient du rectorat » de manière à lutter contre les violences scolaires. Figurez-vous qu’après avoir provoqué un tollé général en évoquant les fouilles systématiques des élèves, on l’entend désormais évoquer la possibilité d’équiper les établissements scolaires de portiques, ou de systèmes de vérification électronique. D’autres pays l’ont fait dit-il. Sauf que dans les autres pays en question, les Etats Unis en l’occurrence, les équipements mis en place fonctionnent de manière pérenne à hauteur de moins de 1% d’entre eux. Quelle efficacité ! Je n’ai pas entendu le ministre Darcos parler de la nécessité de remettre l’éducation au cœur de la mission des établissements scolaires, ni évoquer le terme de sociabilisation, par contre je l’ai bien entendu répondre à Yves Calvi lundi soir en expliquant qu’il ne voyait pas d’inconvénients à faire payer des amendes aux parents dont les enfants auraient des comportements disconvenants…
Entre inepties et thème récurrent de la sécurité mon cœur balance mais en tous cas, çà sent les élections tout çà !
09:04 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lefebvre, darcos, education nationale, sécurité
jeudi, 19 février 2009
Tourner deux fois sa langue dans sa bouche
Quand Frédéric LEFEBVRE dénonce les augmentations d’impôts des collectivités socialistes, il ferait mieux de s’abstenir.
Il est inacceptable de laisser ce député disqualifier les collectivités locales en les accusant d'augmenter les impôts et les dettes. Ce procédé est honteux : alors que les collectivités territoriales réalisent 73% de l'investissement public, elles ne représentent que 13% des prélèvements obligatoires et 10% de la dette publique quand les déficits de l'État et de la Sécurité sociale n'ont cessé de gonfler depuis le retour de la droite aux responsabilités, pour atteindre de tristes records.
Nous le savons fort bien, si l’Etat payait ses dettes aux collectivités, notamment en compensant réellement les transferts de charge, les collectivités pourraient investir plus en faveur de l’emploi et du pouvoir d’achat (embauches, moyens de recrutements, aides à la consommation dans les villes)
En effet, l'État doit 2 milliards d'euros aux départements au titre du RMI, près de 1 milliard d'euros aux régions au titre de la formation professionnelle ; l'APA qui était, lors de sa mise en place en 2001, financée à moitié par l'État est aujourd'hui financée au trois quarts par les départements.
De même, l'État demande dorénavant aux régions de financer les lignes ferroviaires à grande vitesse, qui sont pourtant de sa compétence. Or, si l’Etat arrêtait d’appeler constamment les collectivités à financer ses propres compétences et ses propres investissements, les collectivités pourraient investir plus en faveur des entreprises et du développement économique donc au profit de la croissance.
A cela s’ajoute aujourd’hui la baisse globale des dotations de l’Etat aux collectivités et l’annonce scandaleuse par le Chef de l’Etat de la suppression de la taxe professionnelle sans mesure sérieuse de substitution, alors que cette taxe représente en moyenne pour les collectivités 44% de leurs produits de fiscalité locale !
Voilà ce que devrait dire Monsieur Frédéric LEFEBVRE s’il connaissait son sujet et les collectivités territoriales, mais l’intention de l’UMP est de nuire aux collectivités territoriales au moment où celles-ci font preuve de réactivité, de solidarité, d’innovation, autant de qualités qui manquent cruellement au gouvernement et au parti de la majorité en cette période de crise sociale aiguë.
09:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ump, lefebvre, crise, impôts