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mercredi, 28 avril 2021

Je suis candidat

Monsieur le Ministre,

Tout d'abord loin de moi l'idée d'être un sachant, d'être celui qui va expliquer ce qu'il faut faire ou ne pas faire dans la campagne de vaccination. Vous êtes, j'imagine, submergé de personnes toutes aussi intelligentes et expertes, les unes que les autres. Tel n'est pas mon propos.

Mon outil d'information est déjà l'application sur mon smartphone "TousAntiCovid" qui me permet de suivre le nombre de nouveaux cas, le total de vaccinés en Bretagne (ma région) etc... Puis mon réseau social "favori" si je puis me permettre, non pas forcément pour publier, mais pour trouver une information : Twitter. Alors Monsieur le Ministre, il ne s'agit pas d'aller suivre des fake news ou autres trolls qui peuvent altérer un jugement efficace. Il s'agit surtout de trouver la bonne information donnée par nos quotidiens régionaux et nationaux.

J'y apprends, par vous-même, que de nombreux "créneaux" restent ouverts mais ne trouvent pas de preneurs. Un comble. A Nice, à Strasbourg, en Région Parisienne, des milliers de créneaux au motif que AztraZeneca serait dangereux. L'angoisse s'installant, même les plus de 55 ans refusent de se faire vacciner. De mon humble point de vue de citoyen brestois, cela est regrettable.

En Belgique, ils ont décidé d'abaisser l'âge de ce vaccin ci-nommé à 41 ans. C'est un exemple.

Chacun souhaite, vous le savez, retrouver une vie presque normale le plus rapidement possible. Une fois vacciné un "passeport" pourrait être autorisé et pourrait nous libérer. En attendant des milliers, des millions de françaises et français comme moi sont prêts à se faire vacciner. Y compris avec la "marque" du vaccin qui a été citée ci-dessus. Je suis de ceux-là. Je fais le choix de dire que je souhaite être vacciné dès demain si cela est possible. Je souhaite bénéficier des ces stocks jetés lesquels me conduisent à éprouver une grande frustration : il y a un an chacun jurait par le vaccin, maintenant certains, je les respecte, ne souhaitent plus se faire vacciner. Il ne m'appartient pas de juger.

Donc je suis candidat Monsieur le Ministre. Pas candidat aux départementales ni aux régionales. Mais candidat pour me faire vacciner ici, à Brest.

Merci Monsieur le Ministre pour cette lecture, merci pour faire preuve de pragmatisme et merci de penser à celles et ceux qui sont prêts mais qui ne peuvent pas. Et c'est en responsabilité que je vous adresse ces quelques lignes.

Mes respectueuses salutations,

Yohann Nédélec, Adjoint au Maire de Brest.

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dimanche, 24 janvier 2021

+ 26

Depuis quelque temps maintenant les partis politiques ne seraient plus dans l'air du temps et la pensée globale aurait pris le dessus. Je parle au conditionnel puisque je ne peux me baser que sur les éditos de journalistes bien informés et de politiques sachants.

Au PS, parti que je connais le mieux, forcément; nous fonctionnons avec des fédérations calquées sur nos départements : il y a autant de fédérations que de départements. A l'échelon national une direction, élue, fixe la ligne et il appartient aux 1ers et 1ères fédéraux/ales , en parallèle, de faire vivre les fédérations avec leurs adhérents.

Dans le Finistère le PS a longtemps été un terreau social-démocrate perméable aux idées de la "deuxième" gauche incarnée par Michel Rocard en son temps. Jean-Jacques Urvoas dans un article paru dans Le Télégramme l'expliquait parfaitement, lecture que je vous conseille. Cette inclination demeure encore et ceci explique, en partie, sa perméabilité aux idées progressistes modérées teintées d'une certaine tradition : la tradition de l'histoire, du catholicisme puissant en Bretagne mais aussi l'héritage de la tradition ouvrière qui a traversé les décennies depuis ce que certains ont appelé "l'exode rural".

Au meilleur des années qui ont porté la gauche et le PS au pouvoir, la fédération du Finistère a pu comptabiliser environ 1200 adhérents aux 4 coins du département avec des fiefs, chez Louis Le Pensec, à Brest avec la montée en puissance des années Le Blé puis Maille, du côté de Morlaix avec Marie Jacq et Marylise Lebranchu. Le centre Finistère et une frange littorale du côté de Douarnenez étant quant à eux plus "rouges" que "roses". 

Dans ce marasme social, sanitaire et économique et face à des hésitations voire des renoncements et autres contreordres, il est aussi important d'avoir une boussole, une base solide, quelques signes qui rassurent sur la structuration politique de notre pays, de notre territoire. J'ai été très heureux de constater que sur l'année 2020, sacrément amputée il faut le reconnaître, notre fédération a enregistré un + 26 primo adhérents. Qu'est-ce que ce terme? Cela signifie que ces 26 adhérents le sont pour la première fois et ne sont pas des adhérents qui se sont remis "à jour" depuis 2018 par exemple. Ce chiffre est intéressant car il peut témoigner (soyons prudents et humbles) d'une volonté d'accompagner un parti dont on a dit qu'il était mort et enterré en 2017 et qu'il a fallu relever ensuite : tâche qui se poursuit encore, il faut le souligner. Avec l'équipe fédérale, fidèle, motivée et claire dans sa tête, c'est le travail que nous nous astreignons à mener, y compris pendant cette période trouble.

+26 et ce chiffre concerne quasi exclusivement des jeunes adhérents allant de 20 à 35 ans. Là aussi c'est une nouveauté depuis 2017 où nous avions à ce moment, et depuis 2014-2015, perdu une quantité importante d'adhérents (loi travail, déchéance de nationalité, CICE). Ce + 26 peut paraître dérisoire. Ce n'est pas le cas.

Je pense également, mais une étude sera systématiquement faite de manière anonyme pour connaître les motivations des primo adhérents, que la clarté retrouvée depuis les atermoiements de 2017 y est pour quelque chose. Il s'agit de respecter les uns et les autres, les partis et autres structures politiques : les joutes électorales font partie de nos vies et il nous faut convaincre les électeurs avec un programme. Dans notre séquence 2016-2017 avec nombre de départs d'adhérents socialistes vers le parti devenu parti présidentiel, il aura fallu, là aussi, être clair. Ne pas nager dans l'ambiguïté dont le seul objectif serait de gagner une élection : on voit le résultat. A force de penser tout et son contraire on termine par s'effondrer à grand renfort de grands écarts trop fréquents et, finalement, dangereux. L'interview de Pascal Perrineau dans Ouest-France d'hier est assez éclairante à ce sujet. La clarté donc : je peux imaginer que c'est là l'une des clés de reconquête en y adjoignant la capacité de travail et de réflexion pour l'avenir : ce que nous faisons en Finistère mais également au niveau régional (Culture, jeunesse, santé, les services publics, hier sur le revenu universel avec Boris Vallaud et Nathalie sarrabezolles, prochainement sur l'aménagement du territoire). Un parti est là pour réfléchir et apporter des réponses lesquelles seront tranchées par les électeurs le moment venu, privilégiant le "nous" au "je". Parfois il arrive que des élus cherchent à avoir le vote militant, pour tenter de poursuivre, puis vouloir s'en affranchir par la suite en toute liberté ne pensant plus ne rien devoir à celles et ceux qui ont oeuvré. Fort heureusement cela est une exception et non pas la règle! Mais ces attitudes peuvent choquer voire faire fuir également des adhérents et militants qui, le moment venu, seraient de fidèles lieutenants pour battre la campagne avec des réseaux associatifs, culturels, sociaux, économiques non négligeables.

La clarification, le respect des engagements, le travail et les idées; c'est ce qui me semble nécessaire pour la pérennité des chiffres évoqués plus haut. Sans cela les partis, quels qu'ils soient, sont voués à végéter au gré des alternances démocratiques.

En Finistère nous sommes 812. Peut-être 813 ou 814 après la lecture de cette petite note sur ce Blog. Car l'idée est bien de vous accueillir et de faire un bout de chemin ensemble pour préparer les régionales, départementales puis évidemment la présidentielle de 2022 et les législatives à suivre! De bons et gros moments pour celui ou celle qui le souhaite! Et puis chez nous, en Finistère, avec la direction actuelle dont j'ai l'honneur d'être l'animateur, les choses sont précises et connues : pas de compromissions, pas de passage en force, pas de couleuvres mais bien avant toute chose l'expression militante. Et cela est une richesse qu'il faut savoir mesurer et que chaque élu issu de nos rangs doit mesurer. Depuis 2018 c'est un lourd et long travail qui est mené avec l'équipe fédérale : personne ne viendra casser cette dynamique. Nous en sommes les garants.

Peut-être hésitez vous, peut-être êtes vous prêts; dans les deux cas je suis et nous sommes à votre disposition pour échanger. Après tout, c'est peut-être le moment?

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vendredi, 01 janvier 2021

01/01/2021

Depuis quelques heures, 2020 a tiré sa révérence dans des conditions qui tendent à prouver que les populations applaudiront en souhaitant, l'espoir aidant, que 2021 sera meilleure et que, décidément, 2020 restera une "annus horribilis" pour paraphraser quelqu'un de célèbre.

Je n'ai, assurément, pas pris assez de temps pour poser le plus souvent possible quelques lignes, quelques mots sur ce blog, privilégiant les réseaux sociaux Facebook et twitter pour donner des informations dans le cadre de ce nouveau mandat. 

Nouveau mandat, nouveaux horizons, nouveaux défis aussi avec une nouvelle équipe et autant de talents qui se complètent pour agir le plus efficacement pour Brest. Car, coup d'oeil dans le rétroviseur, rien n'aura été facile depuis près d'un an avec une campagne électorale qui fut brutalement stoppée au soir du premier tour pour reprendre de manière chaotique courant mai et un second tour le 28 juin soit plus de 3 mois après le premier tour : une première nationale! Depuis, il a fallu appréhender, s'adapter, rentrer dans les habits qui m'ont été confiés par le Maire réélu. Tout cela prend du temps mais le délai est, finalement, proportionnel à l'envie qui anime l'équipe.

Equipe qui, tout de même, est profondément renouvelée avec de nouvelles têtes, de plus anciennes, de nouvelles compétences, celles qui sont aussi bien installées; tout cela créant une émulation dynamique et somme toute, très positive avec une vie de groupe bien fournie et un plaisir, vu de ma fenêtre, à travailler ensemble.

Depuis l'été dernier j'ai eu quelques retours ou plus précisément des questions sur mon adaptation et cette nouvelle page qui s'écrit : "ça ne te manque pas de ne plus être Maire?" - J'ai eu cette interrogation des dizaines de fois -. Invariablement j'ai un sourire qui a dû s'esquisser au coin du visage car la réponse est directe, franche et spontanée : non. Non car c'est une décision tellement mûrie et réfléchie depuis le courant de 2018 qu'il ne peut en être autrement. Décision prise seul sans en parler à qui que ce soit dans un premier temps et dans un cadre extrêmement restreint dans un second. Dès lors le cerveau s'adapte à tout puisqu'il est préparé, y compris à quitter sa zone de confort, ce que j'ai fait. Car c'est aussi une marque de caractère : sans risque, sans piment, la vie est fade. Et puis tout de même, serais-je tenté d'écrire, personne ne m'a forcé à la quitter, cette zone de confort! Donc non. Aucun regret mais beaucoup de souvenirs qui cimentent efficacement l'expérience actuelle dans un autre registre : je ne suis pas arrivé vierge de tout apprentissage. En effet, un budget municipal, un budget de CCAS, les arbitrages financiers, les enjeux structurants, la fiscalité locale; autant de sujets qui me sont tellement familiers sans avoir la nécessité de dire ou d'écrire "moi je sais!"  C'est un peu comme dans une vie professionnelle lorsque l'on change de métier (alors qu'ici c'est une fonction) et que l'on se fixe de nouveaux objectifs avec des règles différentes et un fonctionnement différent : autant l'avouer, c'est aussi passionnant qu'excitant car, in fine, c'est toujours le bien commun qui est en ligne de mire et l'intérêt général comme objectif final même si je retrouve quotidiennement les mêmes problématiques, les mêmes questionnements de la part de la population, les mêmes attentes aussi et je subodore que peu importe la commune, la situation est identique.

Sans trahir de secret il y a surtout de la confiance dans le fonctionnement de ces institutions que sont la ville de Brest et la métropole. Le Maire/Président est attentif à tout mais n'est pas intrusif dans les délégations : c'est une marque de confiance qui, je le crois, est commune à tous mes collègues de la majorité. Au plus haut sommet de l'Etat, nous avons connu l'inverse avec des responsables de tout, tout le temps, partout. Ici ce n'est pas le cas et s'il y a des désaccords (ils peuvent arriver), ils se débattent en interne avec arbitrage le cas échéant.

Vous l'aurez compris - je le souhaite - ce démarrage de mandat 2020-2026 n'est pas simple mais est passionnant. 2020 a montré toute la pertinence d'une collectivité territoriale, a démontré l'importance de la fonction publique au plus proche des citoyens lesquels en ont besoin. L'échelle de proximité par excellence, la Mairie, a toute sa place et doit, selon moi, agir encore plus. C'est d'ailleurs le sens d'un long et lourd travail de réflexion de la gauche en général sur une nouvelle phase de décentralisation que ce soit à l'échelon municipal voire régional. Mon propos vise surtout à conforter les échelons municipal et intercommunal, qui, avec des équipes formées, savent répondre en un temps record aux attentes et besoins de la population. Bien entendu la crise sanitaire restera comme une référence en la matière mais elle a au moins ce mérite de démontrer la réactivité avec laquelle la mairie, les mairies, ont su agir efficacement. Les Préfets ont travaillé en étroite collaboration avec les Maires et leurs équipes pour aider, fluidifier car, sans cela, il n'aurait point été possible de mettre en place des tas d'initiatives dont la presse regorge. Une nouvelle étape de décentralisation donc qui doit avoir toute sa place dans le futur débat présidentiel mais également les débats régional et départemental des futures élections : le droit à l'expérimentation était une promesse du candidat Macron, saisissons-nous de cela! Pour une ville, cela pourrait commencer par la suppression des exigences jacobines du pacte de Cahors; mais surtout, par un retour effectif de l'autonomie fiscale et budgétaire de nos budgets municipaux. La clause générale de compétences des communes doit s'accompagner inévitablement de cette autonomie budgétaire ce qui, en l'espèce, n'est plus le cas, ou partiellement plus le cas tendant à ne plus l'être du tout, pour être précis...

2020 est donc, sera donc, comme une année à mettre entre parenthèses mais qui aura des conséquences sur la façon d'appréhender la chose publique, nos politiques, nos transitions, le "care" pour tout un chacun. Toutes ces politiques sont portées au niveau municipal et métropolitain et lorsque j'observe l'envie qui se dégage de l'équipe majoritaire je n'ai pas d'inquiétude sur la volonté d'y parvenir; chacun dans le couloir de nage de sa délégation mais en étant attentif à ce qui se passe à côté.

Le quartier de Brest-centre, quartier où je vis à deux pas de la Place Guérin, la tranquillité urbaine et la politique de l'animal en ville côté Mairie; les mobilités, les grands projets et la Rade côté métropole : voilà mon quotidien depuis 6 mois avec les autres collègues. Je souhaite que tous les élu-e-s aient la même satisfaction dans leurs fonctions car, si elles sont prenantes, elles n'en demeurent pas moins passionnantes au point où vous ne regardez plus l'heure passer sur votre montre car le sujet est captivant. Mieux vaut cela que l'inverse!

Une ombre au tableau et ne pas l'évoquer ne serait pas honnête ou, à tout le moins, serait partiel et incomplet : comme vous le savez probablement, je suis un élu qui, comme d'autres, ont un travail. Un métier, un vrai, pas une fonction unique donnée par le seul bon vouloir des électrices et des électeurs. J'ai 42 ans et si la politique occupe une place extrêmement importante dans ma vie, je n'oublie pas d'où je viens et pourquoi je suis salarié. Etre Marin c'est aimer la mer, c'est une sorte d'exutoire quand un trop plein se fait jour à terre. C'est aussi salvateur que nécessaire mais 2020 aura mis Brittany Ferries à genoux pour reprendre les propos de Jean-Marc Roué. Sac à terre, uniforme dans sa housse, je n'ai pas repris le chemin de la Grande-Bretagne, de l'Irlande, de l'Espagne depuis tant de mois... Ceux qui me connaissent savent mon attachement à ce métier, à cette compagnie atypique, je ne m'en cache pas, y compris en griffonnant quelques esquisses lorsque l'on aborde le sujet en conseil de métropole en votant un voeu de soutien à cette pépite économique bretonne qui rayonne bien au-delà. J'aspire donc à nouer ma cravate, endosser mon uniforme bleu marine avec un sourire non dissimulé devant mon miroir, dans ma cabine, prêt à accueillir nos passagers pour une nouvelle année pleine d'optimisme. Quand à bord du Galicia, du Cap Finistère ou du Pont-Aven je longerai la Mer d'Iroise avec à bâbord le goulet puis les grues du Port de Co' qui dessinent la SkyLine brestoise, je me dirai que je suis heureux avec ce trait d'union qui prend tout son sens. Et j'y crois!

A celles et ceux qui liront ces quelques lignes, promis, j'en poserai plus souvent à l'avenir, mais surtout je vous souhaite une belle et heureuse année 2021. Jamais ces mots n'auront eu autant d'importance notamment pour celles et ceux qui ont connu l'adversité. A ma famille, à mes amis pour la vie, aux brestoises et aux brestois, à mes collègues de boulot, à mes camarades politiques, à mes opposants politiques, à celles et ceux qui m'estiment peu voire pas du tout; portez-vous bien. Rien ne peut justifier que l'on ne souhaite pas la meilleure des santés à toutes et tous, sans distinction.

brest,mairie

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dimanche, 18 octobre 2020

Police Nationale à Brest : immersion.

Ayant pris mes fonctions à l'issue des élections municipales du 28 juin 2020 j'ai souhaité, rapidement, mieux me rendre compte de la réalité d'une ou de plusieurs équipes sur le terrain avec la Police Nationale. L'été n'étant pas la meilleure des périodes et la rentrée de septembre étant chargée ; nous sommes tombés d'accord avec le Commissaire central pour que je puisse effectuer cette "immersion" avec les équipes courant octobre.

Fatalement ce moment ne peut être que limité et ne prétend certainement pas embrasser toutes les situations que peut rencontrer la Police sur Brest. Juste un moment pour "balayer" les différents services et notamment aller avec ceux qui sont sur le terrain, ceux que vous pouvez voir ici et là. Je ne suis pas le seul à agir de la sorte : Tristan Foveau a l'intention de faire une immersion avec les ripeurs de la métropole, Sandrine Perhirin et Fragan Valentin-Lemeni ont également été sur le terrain récemment.

Tout d'abord, puisque la question m'a été posée : il n'y a aucune obligation à agir de la sorte, ce n'est pas dans un guide ou dans un manuel. Chacun fait comme il l'entend et j'ai considéré que ce pouvait être une initiative utile pour parler d'un sujet qui n'est pas, de prime abord, le mien à l'origine. C'est avant tout une décision de Monsieur le Maire que de me confier cette délégation. De plus, plutôt que d'écrire sans savoir, autant aller sur place et écouter. Poser des questions aussi évidemment, mais écouter, observer. Depuis des mois voire des années les uns et les autres écrivent sur ce sujet mais ils/elles ont-ils été déjà 10h d'affilée avec celles et ceux qui sont, hélas, parfois, malmenés? Honnêtement je l'ignore mais en ce qui me concerne j'aurai déjà une opinion sur ce travail redoutable pour assurer l'ordre public et venir en aide à celles et ceux qui ont en besoin. On se rend compte par ailleurs que la Police agit également sur un terrain qui n'est pas spontanément le sien et doit assurer une sorte de médiation entre plusieurs membres de la famille parfois. Alors, certes, 10h qu'est ce que cela représente dans une vie professionnelle d'un policier? Rien bien entendu. Mais pour l'élu que je suis c'est une base qui demandera évidemment à être renouvelée dans un secteur puis sur un autre. C'est aussi une marque d'attention envers celles et ceux qui, pour le coup, ne reculent devant rien quand une alerte arrive.

Ce message sur mon blog ne vise en aucune manière à dévoiler quelconque secret que ce soit ou autre information confidentielle que j'aurais pu voir ou savoir. Vous pensez bien qu'il y a une base non négociable pour faire cette immersion, c'est la confiance et le silence sur les sujets vus ou entendus.

J'ai, il faut l'avouer, trouvé dommage les commentaires sur mon Facebook de certains brestois tournant à la dérision non pas forcément l'initiative mais le lieu où les photos ont été prises. Comme s'il fallait résumer cette immersion à deux photos prises bas de Siam. Rester 10h bas de Siam, oui, là il y aurait eu un immense souci. Ceci dit, ces remarques témoignent bien du fossé qui peut se créer entre la population et la Police Nationale. Et il est regrettable. J'ai souvenir de Renaud qui, en 2015, écrivait une chanson sur le thème "j'ai embrassé un flic" : où en sommes-nous à présent? Par analogie, où en sommes nous des applaudissements à 20h00 pendant le confinement pour les personnels de santé? Je n'ai pas la réponse immédiate juste que tout passe si vite...

Reste que pendant 10h, entre la brigade qui intervient en continu, le GSP (Groupe de Sécurité de Proximité) et la BAC (Brigade Anti Criminalité) je dois avouer qu'aucun n'est resté à se tourner les pouces. Avec l'impossibilité de pouvoir dîner lorsque le "car" comme ils le nomment (le véhicule) arrive enfin au commissariat mais que dans la seconde il faut repartir : un nouveau fait nécessite d'aller sur place.

Car à celles et ceux qui se sont "moqués" aimablement du fait d'être "bas de Siam", il s'agit juste d'expliquer que c'était, finalement, le seul moment où j'ai pris un instant volé de cette immersion car fondamentalement ça n'a pas arrêté de la soirée et du début de nuit. Je dois préciser que de Siam nous sommes allés à St Pierre, à Kergaradec, au Valy Hir, Haut-Jaurès, Kerbernard, Kerbernier... etc... Le tout sans manquer de me donner la nausée (la brigade rigolera si elle lit ce passage) tellement il faut aller vite, que l'on est secoué dans tous les sens le tout dans le sens contraire de la route. Le cumul de tout cela (plus l'adrénaline) donne un mal d'estomac que j'assume complètement.

Je n'ai en aucun cas fait mon "Benalla" dans cette immersion : j'avais un brassard qui indiquait "observateur" et un gilet pare-balle avec le badge "Police". D'ailleurs l'on m'a dit : "Dès lors que vous êtes avec nous vous êtes de la Police pour les autres". Je me suis tenu à l'écart des situations que j'ai pu vivre, j'ai observé. Et je n’y allais que si l'on m'y invitait. Que ce soit avec la brigade de journée ou avec le GSP le soir et la nuit.

Ce que j'ai vu et observé : des équipes soudées, des équipes solidaires qui aiment leur métier et qui ne réfléchissent pas une seconde sur le fait "d'y aller". Des équipes, qu'elles soient au commissariat ou sur le terrain, qui gèrent au mieux des situations compliquées. Je ne peux en dire plus. Le reste ce n'est certainement pas ici que je peux en parler...  Juste que ce que j'ai pu vivre c'est que nous avons des policières et policiers dévoué-e-s à la chose publique, qu’il ne faut pas confondre les effectifs globaux et les effectifs "sur le terrain" (on le verra ce n'est pas tout à fait la même chose). Que les brestoises et les brestois peuvent vraiment compter sur le professionnalisme de celles et ceux qui nous protègent. Que Monsieur Darmanin sache que, et ce n'est pas dans un esprit "politicien", Brest a besoin d'effectifs supplémentaires. Sans trahir des discussions, étayées par des exemples extrêmement précis, je ne peux que me rendre compte en terminant cette immersion que, oui, il y a un réel besoin. Pas pour la gloire, pour le terrain. Besoins humains mais bon sang... besoins financiers pour des locaux aussi.

Vers 01h15 je remonte tranquillement chez moi après avoir déposé brassard et gilet. C'est l'heure de quitter le GSP. Je remonte Place de la Liberté toute éclairée : il n'y a pas âme qui vive. Arrivé le long de Glasgow je croise ceux que je viens déjà de quitter. C'est reparti.

Et pour la plupart à Brest, vous dormiez déjà.

 

Merci à l'équipe qui se reconnaîtra. Votre accueil et votre bienveillance ont été exceptionnels.

Merci au groupe GSP,

Merci à la BAC, (pour vous et pour la ligne du dessus : c'est sportif! Connaissance terrain qui m'épate)

Merci à celles et ceux que je n'ai pas vu : vos collègues ont su être à la hauteur!

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18:11 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | | | |

vendredi, 21 août 2020

Brittany Ferries : l'urgence à agir.

Depuis quelques jours, sur mes réseaux sociaux, je partage fréquemment des articles concernant la situation de la compagnie dans laquelle je suis salarié : pour les bretons (mais pas que) il s'agit de Brittany Ferries.

Pourquoi un tel investissement numérique alors que depuis juillet mes fils d'actualité sont restés volontairement muets, ou presque. J'ai souhaité poser ici, sur mon blog, les motivations, si je puis me permettre, qui me conduisent à "monter au créneau".

D'abord l'attachement profond que les uns et les autres peuvent avoir à cette compagnie si singulière. Ce qui est mon cas. Dans un parcours de vie vous pouvez avoir des coups de coeur pour des personnes, pour des biens aussi. Mais vous pouvez aussi avoir plus qu'un coup de coeur pour une société dans laquelle vous voulez travailler. Ce qui est mon cas également. Il y a là un mélange d'originalité (travailler sur un navire) et une part de séduction (pour l'histoire unique de la compagnie). Tout ceci forme un tout et débouche sur une belle histoire. J'avais 14 ans et lors d'un voyage en Grande-Bretagne à l'occasion d'un échange scolaire, classique, j'ai fondamentalement eu cette "révélation" lorsque le 12 Juin 1992 entre Plymouth et Roscoff je prenais le Bretagne (pour celles et ceux qui le connaissent, c'était le fleuron de la compagnie) et que j'ai pu dire aux copains de l'époque "un jour je travaillerai ici".

Chemin faisant, je n'ai jamais regretté ce choix et même si la politique occupe une part importante de mon quotidien, j'ai toujours souhaité conserver un pied sur mes navires. En effet, la politique est une passion et le fait de "faire" pour l'intérêt général une vraie motivation. Mais la réalité du monde du travail c'est aussi et surtout autre chose, vivre uniquement que de ses mandats n'est, de mon point de vue, pas une bonne chose. Ainsi que j'ai pu l'écrire sur mon Facebook, je ne suis pas cadre de la compagnie, je suis navigant, employé, comme la majorité des salariés de la compagnie. Ceci ne m'empêche absolument pas de défendre le pavillon français et la compagnie lorsqu'elle traverse une tempête. Et puis, professionnellement, la BAI offre aussi un ascenseur unique pour évoluer : il n'est pas rare de voir des collègues passer des concours en interne et progresser vers des postes à responsabilités. C'est une entité bien à part avec une culture d'entreprise très forte, très "corporate". 11 navires, 2 équipages par navire : 1 semaine en mer, 1 semaine à la maison; tout cela fait beaucoup de monde. Et en 2018 tout ce monde devait s'exprimer (navigants et sédentaires lesquels font un boulot immense à terre, dans les ports et au siège) pour élire un représentant au conseil de surveillance de la compagnie pour devenir administrateur  (Lois Sapin de 2015). On est venu me chercher un jour de mai 2018 au motif que élu, j'étais familier de ce type de réunion et que je n'y serai pas perdu. J'ai objecté que n'étant pas à temps complet cela avait peut-être un peu moins de sens... Mais non : j'ai donc été candidat hors syndicats mais soutenu par la CFDT et la CGT. Il y avait en face une candidature issue du collège "cadre" et ceci était bien normal. J'ai été élu et j'ai eu plaisir à revoir ma "concurrente" après un match, à Brest; on se connaissait depuis déjà longtemps et au sein de la compagnie c'est aussi cela : on sait se parler, il n'y a jamais de rupture définitive même si l'on peut ne pas être d'accord sur tout, tout le temps. Et pour être tout a fait précis sur ce fonctionnement professionnel et l'articulation avec mon mandat, je vais, le plus souvent, naviguer quand les vacances se font jour. Politique et exécution du mandat et basculement en uniforme pour les vacances. C'est un choix, c'est un rythme. Celles et ceux qui me connaissent savent que les 12 dernières années je n'ai pas pris de vacances l'été, je partais faire "mes semaines" en mer. Certains d'entre vous ont d'ailleurs pu m'y croiser. Toujours amusant de voir ces visages pleins de surprise...

Attachement donc. J'espère avoir pu le démontrer. En quelques mots même s'il est toujours frustrant de résumer 15 ans en quelques lignes.

Ensuite l'enjeu économique. Et le gros temps que traverse Brittany Ferries actuellement peut avoir des conséquences humaines et économiques désastreuses. Je trouve positif que les journaux locaux aient accepté de couvrir cette évidence : afin de faire prendre conscience que ce ne sont pas que des ferries à quai, des passagers qui traversent la Manche, la Mer d'Irlande ou le Golfe de Gascogne, c'est bien toute une économie, "un modèle" comme l'a rappelé justement le président de région, Loïg Chesnais-Girard. Il y a nous, les salariés évidemment; mais il y a les sous traitants, l'économie induite par ce maillage des territoires : dois-je rappeler que nous sommes présents à Roscoff, St Malo, Cherbourg, Ouistreham et Le Havre, que nous avons 11 navires, près de 3000 salariés, que nous dépassons les 2 millions de passagers par an? L'économie touristique en France et en Europe est une réalité. Alors quand, de manière unilatérale le gouvernement britannique décide de fermer ses frontières en mettant en place la quatorzaine c'est une catastrophe. 85% de notre clientèle est britannique : quand bien même la France n'agirait pas sous le coup de la réciprocité, comment voulez vous que les touristes anglais prennent le risque de ne pas pouvoir revenir chez eux sans passer par cette quatorzaine?

Concrètement, et Christophe Mathieu l'a rappelé hier, c'est une avalanche de 35 000 réservations qui a été enregistrée depuis la semaine dernière. Je ne suis pas un économiste, je n'ai pas fait les études pour mais je pense avoir du bon sens et cela, jusqu'à nouvel ordre, ne s'acquiert pas avec un diplôme. Si pas de passagers, pas de bateaux, si pas de bateaux, pas de navigants. Et le cercle vicieux tourne à plein régime. La compagnie fait appel au Gouvernement pour l'aider précisant que la pérennité n'est pas remise en cause : sauf que n'importe quelle société peut tenir combien de temps ainsi? Brittany Ferries, par la voix de son président annonce une perte de 250 millions d'euros pour 2020. Les pouvoirs publics ne peuvent fermer les yeux sur un dossier aussi lourd, sur une pépite économique régionale qui irrigue au niveau national et européen, ne peut pas fermer les yeux sur le 1er employeur de marins français. Les présidents de Bretagne, de Normandie et des Haut de France semblent avoir bien compris les enjeux. Le député européen Pierre Karleskind aussi.

Je formule le voeu le plus cher que, rapidement, le Gouvernement fasse une annonce qui aille dans le bon sens laquelle permettrait à la compagnie d'appréhender une fin d'année 2020 obscure et une hypothétique année 2021 maillée d'éclaircies. Je fais naturellement confiance à notre direction qui se bat pour protéger notre compagnie.

Je suis au chômage technique comme tant d'autres. Il me tarde de repartir en mer.

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