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dimanche, 04 juillet 2021

Analyses, projections et décisions.

Il est toujours utile et précieux de prendre le temps de poser quelques mots pour analyser ou au moins porter une opinion sur le résultat des élections. Une semaine nous sépare du second tour des départementales et des régionales et avant la coupure estivale ce qui me vient à l'esprit c'est "ouf" mais également "quel gâchis". "Ouf" car la gauche conserve la région Bretagne avec un score du RN, hélas toujours trop haut, mais bien en deçà de ce qui nous avait été promis. "Ouf" car la terre démocrate chrétienne se dote d'une nouvelle équipe qui saura, je le souhaite, relever les défis régionaux. Félicitations aux nouveaux élu.e.s de la majorité et bon courage aux élu.e.s de l'opposition ou plutôt des oppositions. "Quel gâchis" à présent, pour deux raisons : la première pour cause de participation extrêmement faible ce qui amène les équipes et candidats à être élus avec un corps électoral qui ne veut plus dire grand chose. J'ai lu que le président de l'Assemblée Nationale lançait une commission sur ce sujet : à la bonne heure! Mais comment et que faire pour que les citoyens viennent voter? Chacun y va de son commentaire et de ses remarques : j'avoue quant à moi être démuni. En effet, le temps, le sport, la famille, les occupations diverses sont tout autant d'excuses données mais qui ne peuvent masquer la réalité de ce qui nous est donné en tête à tête sur les marchés ou en famille : "on s'en fout". Aussi direct que violent pour la démocratie. Si à cela on ajoute la perte de la majorité au département , le gâchis est total. Pour si peu! 5 voix ici, 120 là. Je ne me lancerai pas dans des analyses d'instituts de sondages mais juste que les chiffres sont têtus! La participation du second tour est peu ou prou identique à celle du 1er tour, il n'y a donc pas eu d'effondrement ni de sursaut de la mobilisation. Par contre, les flux de voix ont évolué sachant que mon obédience politique avait un réservoir de voix assez fourni avec nos amis du pôle écologiste et fédéraliste. Si la majorité des électeurs a suivi ici et là, une cassure s'est opérée quand, lundi 20 juin, il n'y a pas eu d'union/fusion, pour les Régionales, avec EELV/UDB/G.s/ND. La semaine qui débutait, en Finistère, nous a permis d'alerter du risque de déperdition des voix, des retours du terrain sur l'incompréhension. Des prises de positions publiques aussi mais rien n'y a fait. Si la stratégie a été payante pour la Région, elle s'est soldée, entre autres, par une défaite sur le fil en Finistère (*). Je n'étais pas dans les négociations du second tour donc je n'ai que ce que l'on a bien voulu m'en dire, et je n'ai aucune raison d'en douter. Juste que, vu de ma fenêtre, une stratégie de fusion (dans un sens ou dans un autre) se prépare quelque jours en amont, pas en 4-5 heures en une nuit. La participation très faible et l'absence d'accord aux régionales ont, dès lors, eu pour conséquences de rater la marche pour quelques centaines de voix. Nous ne pouvons que le regretter et, voilà quelques années en arrière à un candidat PS aux législatives de 2007 qui avait échoué de cent et quelques voix il m'avait été asséné " que ce soit de 3000 voix ou de 100 voix, le résultat est le même. La frustration pas tout à fait". De plus, une élection départementale a cela de singulier que si c'est une campagne départementale, chaque binôme joue son élection dans son propre canton. C'est donc avant tout une élection de terrain avec, au final, des reports de voix qui théoriquement s'opèrent du mieux possible pour dépasser les 50+1 au second tour. Ce ne fut pas le cas partout, certains nous faisant payer la non fusion aux régionales. C'est ainsi... En attendant, félicitations aux élu.e.s du groupe Finistère et Solidaire qui sera mené par Kévin Faure pendant 7 ans. La reconquête démarre aujourd'hui et il serait bon que la totalité des 28 élus de gauche de l'opposition l'intègre au plus vite.

La gauche n'est pas abattue, elle n'est pas terrassée et elle reste sur le banc de touche en 2021, pour le département, pour quelques voix. Les bases de l'union ont été posées dès le premier tour avec le PCF, le PRG et les régionalistes. Ce fut long mais ce travail mené par la fédération du Finistère a su éviter les couacs ici et là dans nombre de cantons. Ce sera donc la voix à suivre et à élargir si nous voulons reconquérir ce que nous avons perdu. Les Côtes d'Armor ont su le faire dès le premier tour avec toute la gauche, la Loire Atlantique également (elle s'est même payée le luxe de progresser en nombre de cantons). Je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas possible en Finistère. Une large majorité d'adhérents du PS le souhaite. Ce sera probablement l'un des enjeux des échanges du prochain congrès de notre parti à la rentrée. Je souhaite plus que des majorités et des oppositions, que chacun ait la sagesse d'apaiser les choses et de privilégier la concorde plutôt que la discorde : nous n'avons aucun intérêt à cela même si certains en ont les moyens. Avec l'équipe fédérale élue en mars 2018 nous avons fait un boulot immense, nous avons stoppé l'hémorragie, nous avons repris le chemin des marchés et des manifestations, nous avons avec les collègues du 22, 56 et 35 travaillé au sein du BREIS, nous avons tenu plusieurs soirées thématiques (sur la famille, la santé, l'engagement syndical etc...), nous avons remis la fête de la gauche au goût du jour, nous avons su ré-attirer des militants un peu partout après les municipales réussies. Et pourtant ce travail est long, parfois ingrat, mais nécessaire avec une dynamique de groupe. Rien en 2018 ne me prédestinait à devenir 1er secrétaire fédéral, je l'ai fait avec une équipe, que je remercie, parce que personne ne s'y intéressait, parce que le traumatisme de 2017 avait détourné les militants de leur parti. Il est certes plus aisé et plus glorieux d'être aux manettes quand tout va bien et lorsque vous êtes à 30% dans les sondages; je savais que ce n'était pas le cas et nous l'avons fait avec Gabriel, François-Marie, Pierre, Tristan, Rachel, Florence, Olivier, Catherine, Josselin, Kévin, Arnaud, Isabelle et Forough. Le chemin est encore long mais j'ai confiance en la capacité des socialistes à se réinventer, à se rassembler pour être le moteur d'une gauche sociale et écologique qui doit être la réponse y compris au niveau national. Renoncer à la tentation hégémonique pour adopter la posture de fédérateur des forces de gauche; telle n'a jamais cessé d'être ma position. Voilà d'ailleurs le seul "conseil" que je pourrai donner à mes camarades qui prendront le relai de la direction fédérale dans quelques semaines quand une nouvelle équipe sera élue. Quelle qu'elle soit, je lui apporterai mon soutien pour le travail à mener. Vous l'aurez compris, je ne solliciterai pas un second mandat de 1er secrétaire fédéral : pour effectuer cette tâche il faut une disponibilité supérieure à celle que je peux avoir actuellement entre la mairie, la métropole et d'autres engagements, notamment mon métier quand celui-ci pourra enfin m'être rendu. Sur une échelle de 1 à 10 niveau agenda, j'oscille entre 15 et 20 depuis des semaines, sans m'en plaindre, mais juste de manière factuelle il s'agit de faire des choix et j'ai pleinement confiance en celles et ceux qui s'engageront à l'occasion du prochain congrès. A condition que ce ne soit pas dans un esprit de clan, de revanche et de placement de candidatures à plus ou moins long terme : chacun a bien compris maintenant que cela ne pesait plus sur la suite des événements.

Humilité et résilience!

A bientôt.

Yohann Nédélec

 

(*) : un recours a été déposé pour le canton de Brest 3 pour plusieurs motifs de nature à altérer la sincérité du scrutin pour 5 voix d'écart. Tout reste donc, encore, ouvert selon les décisions prises par le tribunal administratif.

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mercredi, 28 avril 2021

Je suis candidat

Monsieur le Ministre,

Tout d'abord loin de moi l'idée d'être un sachant, d'être celui qui va expliquer ce qu'il faut faire ou ne pas faire dans la campagne de vaccination. Vous êtes, j'imagine, submergé de personnes toutes aussi intelligentes et expertes, les unes que les autres. Tel n'est pas mon propos.

Mon outil d'information est déjà l'application sur mon smartphone "TousAntiCovid" qui me permet de suivre le nombre de nouveaux cas, le total de vaccinés en Bretagne (ma région) etc... Puis mon réseau social "favori" si je puis me permettre, non pas forcément pour publier, mais pour trouver une information : Twitter. Alors Monsieur le Ministre, il ne s'agit pas d'aller suivre des fake news ou autres trolls qui peuvent altérer un jugement efficace. Il s'agit surtout de trouver la bonne information donnée par nos quotidiens régionaux et nationaux.

J'y apprends, par vous-même, que de nombreux "créneaux" restent ouverts mais ne trouvent pas de preneurs. Un comble. A Nice, à Strasbourg, en Région Parisienne, des milliers de créneaux au motif que AztraZeneca serait dangereux. L'angoisse s'installant, même les plus de 55 ans refusent de se faire vacciner. De mon humble point de vue de citoyen brestois, cela est regrettable.

En Belgique, ils ont décidé d'abaisser l'âge de ce vaccin ci-nommé à 41 ans. C'est un exemple.

Chacun souhaite, vous le savez, retrouver une vie presque normale le plus rapidement possible. Une fois vacciné un "passeport" pourrait être autorisé et pourrait nous libérer. En attendant des milliers, des millions de françaises et français comme moi sont prêts à se faire vacciner. Y compris avec la "marque" du vaccin qui a été citée ci-dessus. Je suis de ceux-là. Je fais le choix de dire que je souhaite être vacciné dès demain si cela est possible. Je souhaite bénéficier des ces stocks jetés lesquels me conduisent à éprouver une grande frustration : il y a un an chacun jurait par le vaccin, maintenant certains, je les respecte, ne souhaitent plus se faire vacciner. Il ne m'appartient pas de juger.

Donc je suis candidat Monsieur le Ministre. Pas candidat aux départementales ni aux régionales. Mais candidat pour me faire vacciner ici, à Brest.

Merci Monsieur le Ministre pour cette lecture, merci pour faire preuve de pragmatisme et merci de penser à celles et ceux qui sont prêts mais qui ne peuvent pas. Et c'est en responsabilité que je vous adresse ces quelques lignes.

Mes respectueuses salutations,

Yohann Nédélec, Adjoint au Maire de Brest.

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dimanche, 24 janvier 2021

+ 26

Depuis quelque temps maintenant les partis politiques ne seraient plus dans l'air du temps et la pensée globale aurait pris le dessus. Je parle au conditionnel puisque je ne peux me baser que sur les éditos de journalistes bien informés et de politiques sachants.

Au PS, parti que je connais le mieux, forcément; nous fonctionnons avec des fédérations calquées sur nos départements : il y a autant de fédérations que de départements. A l'échelon national une direction, élue, fixe la ligne et il appartient aux 1ers et 1ères fédéraux/ales , en parallèle, de faire vivre les fédérations avec leurs adhérents.

Dans le Finistère le PS a longtemps été un terreau social-démocrate perméable aux idées de la "deuxième" gauche incarnée par Michel Rocard en son temps. Jean-Jacques Urvoas dans un article paru dans Le Télégramme l'expliquait parfaitement, lecture que je vous conseille. Cette inclination demeure encore et ceci explique, en partie, sa perméabilité aux idées progressistes modérées teintées d'une certaine tradition : la tradition de l'histoire, du catholicisme puissant en Bretagne mais aussi l'héritage de la tradition ouvrière qui a traversé les décennies depuis ce que certains ont appelé "l'exode rural".

Au meilleur des années qui ont porté la gauche et le PS au pouvoir, la fédération du Finistère a pu comptabiliser environ 1200 adhérents aux 4 coins du département avec des fiefs, chez Louis Le Pensec, à Brest avec la montée en puissance des années Le Blé puis Maille, du côté de Morlaix avec Marie Jacq et Marylise Lebranchu. Le centre Finistère et une frange littorale du côté de Douarnenez étant quant à eux plus "rouges" que "roses". 

Dans ce marasme social, sanitaire et économique et face à des hésitations voire des renoncements et autres contreordres, il est aussi important d'avoir une boussole, une base solide, quelques signes qui rassurent sur la structuration politique de notre pays, de notre territoire. J'ai été très heureux de constater que sur l'année 2020, sacrément amputée il faut le reconnaître, notre fédération a enregistré un + 26 primo adhérents. Qu'est-ce que ce terme? Cela signifie que ces 26 adhérents le sont pour la première fois et ne sont pas des adhérents qui se sont remis "à jour" depuis 2018 par exemple. Ce chiffre est intéressant car il peut témoigner (soyons prudents et humbles) d'une volonté d'accompagner un parti dont on a dit qu'il était mort et enterré en 2017 et qu'il a fallu relever ensuite : tâche qui se poursuit encore, il faut le souligner. Avec l'équipe fédérale, fidèle, motivée et claire dans sa tête, c'est le travail que nous nous astreignons à mener, y compris pendant cette période trouble.

+26 et ce chiffre concerne quasi exclusivement des jeunes adhérents allant de 20 à 35 ans. Là aussi c'est une nouveauté depuis 2017 où nous avions à ce moment, et depuis 2014-2015, perdu une quantité importante d'adhérents (loi travail, déchéance de nationalité, CICE). Ce + 26 peut paraître dérisoire. Ce n'est pas le cas.

Je pense également, mais une étude sera systématiquement faite de manière anonyme pour connaître les motivations des primo adhérents, que la clarté retrouvée depuis les atermoiements de 2017 y est pour quelque chose. Il s'agit de respecter les uns et les autres, les partis et autres structures politiques : les joutes électorales font partie de nos vies et il nous faut convaincre les électeurs avec un programme. Dans notre séquence 2016-2017 avec nombre de départs d'adhérents socialistes vers le parti devenu parti présidentiel, il aura fallu, là aussi, être clair. Ne pas nager dans l'ambiguïté dont le seul objectif serait de gagner une élection : on voit le résultat. A force de penser tout et son contraire on termine par s'effondrer à grand renfort de grands écarts trop fréquents et, finalement, dangereux. L'interview de Pascal Perrineau dans Ouest-France d'hier est assez éclairante à ce sujet. La clarté donc : je peux imaginer que c'est là l'une des clés de reconquête en y adjoignant la capacité de travail et de réflexion pour l'avenir : ce que nous faisons en Finistère mais également au niveau régional (Culture, jeunesse, santé, les services publics, hier sur le revenu universel avec Boris Vallaud et Nathalie sarrabezolles, prochainement sur l'aménagement du territoire). Un parti est là pour réfléchir et apporter des réponses lesquelles seront tranchées par les électeurs le moment venu, privilégiant le "nous" au "je". Parfois il arrive que des élus cherchent à avoir le vote militant, pour tenter de poursuivre, puis vouloir s'en affranchir par la suite en toute liberté ne pensant plus ne rien devoir à celles et ceux qui ont oeuvré. Fort heureusement cela est une exception et non pas la règle! Mais ces attitudes peuvent choquer voire faire fuir également des adhérents et militants qui, le moment venu, seraient de fidèles lieutenants pour battre la campagne avec des réseaux associatifs, culturels, sociaux, économiques non négligeables.

La clarification, le respect des engagements, le travail et les idées; c'est ce qui me semble nécessaire pour la pérennité des chiffres évoqués plus haut. Sans cela les partis, quels qu'ils soient, sont voués à végéter au gré des alternances démocratiques.

En Finistère nous sommes 812. Peut-être 813 ou 814 après la lecture de cette petite note sur ce Blog. Car l'idée est bien de vous accueillir et de faire un bout de chemin ensemble pour préparer les régionales, départementales puis évidemment la présidentielle de 2022 et les législatives à suivre! De bons et gros moments pour celui ou celle qui le souhaite! Et puis chez nous, en Finistère, avec la direction actuelle dont j'ai l'honneur d'être l'animateur, les choses sont précises et connues : pas de compromissions, pas de passage en force, pas de couleuvres mais bien avant toute chose l'expression militante. Et cela est une richesse qu'il faut savoir mesurer et que chaque élu issu de nos rangs doit mesurer. Depuis 2018 c'est un lourd et long travail qui est mené avec l'équipe fédérale : personne ne viendra casser cette dynamique. Nous en sommes les garants.

Peut-être hésitez vous, peut-être êtes vous prêts; dans les deux cas je suis et nous sommes à votre disposition pour échanger. Après tout, c'est peut-être le moment?

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vendredi, 01 janvier 2021

01/01/2021

Depuis quelques heures, 2020 a tiré sa révérence dans des conditions qui tendent à prouver que les populations applaudiront en souhaitant, l'espoir aidant, que 2021 sera meilleure et que, décidément, 2020 restera une "annus horribilis" pour paraphraser quelqu'un de célèbre.

Je n'ai, assurément, pas pris assez de temps pour poser le plus souvent possible quelques lignes, quelques mots sur ce blog, privilégiant les réseaux sociaux Facebook et twitter pour donner des informations dans le cadre de ce nouveau mandat. 

Nouveau mandat, nouveaux horizons, nouveaux défis aussi avec une nouvelle équipe et autant de talents qui se complètent pour agir le plus efficacement pour Brest. Car, coup d'oeil dans le rétroviseur, rien n'aura été facile depuis près d'un an avec une campagne électorale qui fut brutalement stoppée au soir du premier tour pour reprendre de manière chaotique courant mai et un second tour le 28 juin soit plus de 3 mois après le premier tour : une première nationale! Depuis, il a fallu appréhender, s'adapter, rentrer dans les habits qui m'ont été confiés par le Maire réélu. Tout cela prend du temps mais le délai est, finalement, proportionnel à l'envie qui anime l'équipe.

Equipe qui, tout de même, est profondément renouvelée avec de nouvelles têtes, de plus anciennes, de nouvelles compétences, celles qui sont aussi bien installées; tout cela créant une émulation dynamique et somme toute, très positive avec une vie de groupe bien fournie et un plaisir, vu de ma fenêtre, à travailler ensemble.

Depuis l'été dernier j'ai eu quelques retours ou plus précisément des questions sur mon adaptation et cette nouvelle page qui s'écrit : "ça ne te manque pas de ne plus être Maire?" - J'ai eu cette interrogation des dizaines de fois -. Invariablement j'ai un sourire qui a dû s'esquisser au coin du visage car la réponse est directe, franche et spontanée : non. Non car c'est une décision tellement mûrie et réfléchie depuis le courant de 2018 qu'il ne peut en être autrement. Décision prise seul sans en parler à qui que ce soit dans un premier temps et dans un cadre extrêmement restreint dans un second. Dès lors le cerveau s'adapte à tout puisqu'il est préparé, y compris à quitter sa zone de confort, ce que j'ai fait. Car c'est aussi une marque de caractère : sans risque, sans piment, la vie est fade. Et puis tout de même, serais-je tenté d'écrire, personne ne m'a forcé à la quitter, cette zone de confort! Donc non. Aucun regret mais beaucoup de souvenirs qui cimentent efficacement l'expérience actuelle dans un autre registre : je ne suis pas arrivé vierge de tout apprentissage. En effet, un budget municipal, un budget de CCAS, les arbitrages financiers, les enjeux structurants, la fiscalité locale; autant de sujets qui me sont tellement familiers sans avoir la nécessité de dire ou d'écrire "moi je sais!"  C'est un peu comme dans une vie professionnelle lorsque l'on change de métier (alors qu'ici c'est une fonction) et que l'on se fixe de nouveaux objectifs avec des règles différentes et un fonctionnement différent : autant l'avouer, c'est aussi passionnant qu'excitant car, in fine, c'est toujours le bien commun qui est en ligne de mire et l'intérêt général comme objectif final même si je retrouve quotidiennement les mêmes problématiques, les mêmes questionnements de la part de la population, les mêmes attentes aussi et je subodore que peu importe la commune, la situation est identique.

Sans trahir de secret il y a surtout de la confiance dans le fonctionnement de ces institutions que sont la ville de Brest et la métropole. Le Maire/Président est attentif à tout mais n'est pas intrusif dans les délégations : c'est une marque de confiance qui, je le crois, est commune à tous mes collègues de la majorité. Au plus haut sommet de l'Etat, nous avons connu l'inverse avec des responsables de tout, tout le temps, partout. Ici ce n'est pas le cas et s'il y a des désaccords (ils peuvent arriver), ils se débattent en interne avec arbitrage le cas échéant.

Vous l'aurez compris - je le souhaite - ce démarrage de mandat 2020-2026 n'est pas simple mais est passionnant. 2020 a montré toute la pertinence d'une collectivité territoriale, a démontré l'importance de la fonction publique au plus proche des citoyens lesquels en ont besoin. L'échelle de proximité par excellence, la Mairie, a toute sa place et doit, selon moi, agir encore plus. C'est d'ailleurs le sens d'un long et lourd travail de réflexion de la gauche en général sur une nouvelle phase de décentralisation que ce soit à l'échelon municipal voire régional. Mon propos vise surtout à conforter les échelons municipal et intercommunal, qui, avec des équipes formées, savent répondre en un temps record aux attentes et besoins de la population. Bien entendu la crise sanitaire restera comme une référence en la matière mais elle a au moins ce mérite de démontrer la réactivité avec laquelle la mairie, les mairies, ont su agir efficacement. Les Préfets ont travaillé en étroite collaboration avec les Maires et leurs équipes pour aider, fluidifier car, sans cela, il n'aurait point été possible de mettre en place des tas d'initiatives dont la presse regorge. Une nouvelle étape de décentralisation donc qui doit avoir toute sa place dans le futur débat présidentiel mais également les débats régional et départemental des futures élections : le droit à l'expérimentation était une promesse du candidat Macron, saisissons-nous de cela! Pour une ville, cela pourrait commencer par la suppression des exigences jacobines du pacte de Cahors; mais surtout, par un retour effectif de l'autonomie fiscale et budgétaire de nos budgets municipaux. La clause générale de compétences des communes doit s'accompagner inévitablement de cette autonomie budgétaire ce qui, en l'espèce, n'est plus le cas, ou partiellement plus le cas tendant à ne plus l'être du tout, pour être précis...

2020 est donc, sera donc, comme une année à mettre entre parenthèses mais qui aura des conséquences sur la façon d'appréhender la chose publique, nos politiques, nos transitions, le "care" pour tout un chacun. Toutes ces politiques sont portées au niveau municipal et métropolitain et lorsque j'observe l'envie qui se dégage de l'équipe majoritaire je n'ai pas d'inquiétude sur la volonté d'y parvenir; chacun dans le couloir de nage de sa délégation mais en étant attentif à ce qui se passe à côté.

Le quartier de Brest-centre, quartier où je vis à deux pas de la Place Guérin, la tranquillité urbaine et la politique de l'animal en ville côté Mairie; les mobilités, les grands projets et la Rade côté métropole : voilà mon quotidien depuis 6 mois avec les autres collègues. Je souhaite que tous les élu-e-s aient la même satisfaction dans leurs fonctions car, si elles sont prenantes, elles n'en demeurent pas moins passionnantes au point où vous ne regardez plus l'heure passer sur votre montre car le sujet est captivant. Mieux vaut cela que l'inverse!

Une ombre au tableau et ne pas l'évoquer ne serait pas honnête ou, à tout le moins, serait partiel et incomplet : comme vous le savez probablement, je suis un élu qui, comme d'autres, ont un travail. Un métier, un vrai, pas une fonction unique donnée par le seul bon vouloir des électrices et des électeurs. J'ai 42 ans et si la politique occupe une place extrêmement importante dans ma vie, je n'oublie pas d'où je viens et pourquoi je suis salarié. Etre Marin c'est aimer la mer, c'est une sorte d'exutoire quand un trop plein se fait jour à terre. C'est aussi salvateur que nécessaire mais 2020 aura mis Brittany Ferries à genoux pour reprendre les propos de Jean-Marc Roué. Sac à terre, uniforme dans sa housse, je n'ai pas repris le chemin de la Grande-Bretagne, de l'Irlande, de l'Espagne depuis tant de mois... Ceux qui me connaissent savent mon attachement à ce métier, à cette compagnie atypique, je ne m'en cache pas, y compris en griffonnant quelques esquisses lorsque l'on aborde le sujet en conseil de métropole en votant un voeu de soutien à cette pépite économique bretonne qui rayonne bien au-delà. J'aspire donc à nouer ma cravate, endosser mon uniforme bleu marine avec un sourire non dissimulé devant mon miroir, dans ma cabine, prêt à accueillir nos passagers pour une nouvelle année pleine d'optimisme. Quand à bord du Galicia, du Cap Finistère ou du Pont-Aven je longerai la Mer d'Iroise avec à bâbord le goulet puis les grues du Port de Co' qui dessinent la SkyLine brestoise, je me dirai que je suis heureux avec ce trait d'union qui prend tout son sens. Et j'y crois!

A celles et ceux qui liront ces quelques lignes, promis, j'en poserai plus souvent à l'avenir, mais surtout je vous souhaite une belle et heureuse année 2021. Jamais ces mots n'auront eu autant d'importance notamment pour celles et ceux qui ont connu l'adversité. A ma famille, à mes amis pour la vie, aux brestoises et aux brestois, à mes collègues de boulot, à mes camarades politiques, à mes opposants politiques, à celles et ceux qui m'estiment peu voire pas du tout; portez-vous bien. Rien ne peut justifier que l'on ne souhaite pas la meilleure des santés à toutes et tous, sans distinction.

brest,mairie

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dimanche, 18 octobre 2020

Police Nationale à Brest : immersion.

Ayant pris mes fonctions à l'issue des élections municipales du 28 juin 2020 j'ai souhaité, rapidement, mieux me rendre compte de la réalité d'une ou de plusieurs équipes sur le terrain avec la Police Nationale. L'été n'étant pas la meilleure des périodes et la rentrée de septembre étant chargée ; nous sommes tombés d'accord avec le Commissaire central pour que je puisse effectuer cette "immersion" avec les équipes courant octobre.

Fatalement ce moment ne peut être que limité et ne prétend certainement pas embrasser toutes les situations que peut rencontrer la Police sur Brest. Juste un moment pour "balayer" les différents services et notamment aller avec ceux qui sont sur le terrain, ceux que vous pouvez voir ici et là. Je ne suis pas le seul à agir de la sorte : Tristan Foveau a l'intention de faire une immersion avec les ripeurs de la métropole, Sandrine Perhirin et Fragan Valentin-Lemeni ont également été sur le terrain récemment.

Tout d'abord, puisque la question m'a été posée : il n'y a aucune obligation à agir de la sorte, ce n'est pas dans un guide ou dans un manuel. Chacun fait comme il l'entend et j'ai considéré que ce pouvait être une initiative utile pour parler d'un sujet qui n'est pas, de prime abord, le mien à l'origine. C'est avant tout une décision de Monsieur le Maire que de me confier cette délégation. De plus, plutôt que d'écrire sans savoir, autant aller sur place et écouter. Poser des questions aussi évidemment, mais écouter, observer. Depuis des mois voire des années les uns et les autres écrivent sur ce sujet mais ils/elles ont-ils été déjà 10h d'affilée avec celles et ceux qui sont, hélas, parfois, malmenés? Honnêtement je l'ignore mais en ce qui me concerne j'aurai déjà une opinion sur ce travail redoutable pour assurer l'ordre public et venir en aide à celles et ceux qui ont en besoin. On se rend compte par ailleurs que la Police agit également sur un terrain qui n'est pas spontanément le sien et doit assurer une sorte de médiation entre plusieurs membres de la famille parfois. Alors, certes, 10h qu'est ce que cela représente dans une vie professionnelle d'un policier? Rien bien entendu. Mais pour l'élu que je suis c'est une base qui demandera évidemment à être renouvelée dans un secteur puis sur un autre. C'est aussi une marque d'attention envers celles et ceux qui, pour le coup, ne reculent devant rien quand une alerte arrive.

Ce message sur mon blog ne vise en aucune manière à dévoiler quelconque secret que ce soit ou autre information confidentielle que j'aurais pu voir ou savoir. Vous pensez bien qu'il y a une base non négociable pour faire cette immersion, c'est la confiance et le silence sur les sujets vus ou entendus.

J'ai, il faut l'avouer, trouvé dommage les commentaires sur mon Facebook de certains brestois tournant à la dérision non pas forcément l'initiative mais le lieu où les photos ont été prises. Comme s'il fallait résumer cette immersion à deux photos prises bas de Siam. Rester 10h bas de Siam, oui, là il y aurait eu un immense souci. Ceci dit, ces remarques témoignent bien du fossé qui peut se créer entre la population et la Police Nationale. Et il est regrettable. J'ai souvenir de Renaud qui, en 2015, écrivait une chanson sur le thème "j'ai embrassé un flic" : où en sommes-nous à présent? Par analogie, où en sommes nous des applaudissements à 20h00 pendant le confinement pour les personnels de santé? Je n'ai pas la réponse immédiate juste que tout passe si vite...

Reste que pendant 10h, entre la brigade qui intervient en continu, le GSP (Groupe de Sécurité de Proximité) et la BAC (Brigade Anti Criminalité) je dois avouer qu'aucun n'est resté à se tourner les pouces. Avec l'impossibilité de pouvoir dîner lorsque le "car" comme ils le nomment (le véhicule) arrive enfin au commissariat mais que dans la seconde il faut repartir : un nouveau fait nécessite d'aller sur place.

Car à celles et ceux qui se sont "moqués" aimablement du fait d'être "bas de Siam", il s'agit juste d'expliquer que c'était, finalement, le seul moment où j'ai pris un instant volé de cette immersion car fondamentalement ça n'a pas arrêté de la soirée et du début de nuit. Je dois préciser que de Siam nous sommes allés à St Pierre, à Kergaradec, au Valy Hir, Haut-Jaurès, Kerbernard, Kerbernier... etc... Le tout sans manquer de me donner la nausée (la brigade rigolera si elle lit ce passage) tellement il faut aller vite, que l'on est secoué dans tous les sens le tout dans le sens contraire de la route. Le cumul de tout cela (plus l'adrénaline) donne un mal d'estomac que j'assume complètement.

Je n'ai en aucun cas fait mon "Benalla" dans cette immersion : j'avais un brassard qui indiquait "observateur" et un gilet pare-balle avec le badge "Police". D'ailleurs l'on m'a dit : "Dès lors que vous êtes avec nous vous êtes de la Police pour les autres". Je me suis tenu à l'écart des situations que j'ai pu vivre, j'ai observé. Et je n’y allais que si l'on m'y invitait. Que ce soit avec la brigade de journée ou avec le GSP le soir et la nuit.

Ce que j'ai vu et observé : des équipes soudées, des équipes solidaires qui aiment leur métier et qui ne réfléchissent pas une seconde sur le fait "d'y aller". Des équipes, qu'elles soient au commissariat ou sur le terrain, qui gèrent au mieux des situations compliquées. Je ne peux en dire plus. Le reste ce n'est certainement pas ici que je peux en parler...  Juste que ce que j'ai pu vivre c'est que nous avons des policières et policiers dévoué-e-s à la chose publique, qu’il ne faut pas confondre les effectifs globaux et les effectifs "sur le terrain" (on le verra ce n'est pas tout à fait la même chose). Que les brestoises et les brestois peuvent vraiment compter sur le professionnalisme de celles et ceux qui nous protègent. Que Monsieur Darmanin sache que, et ce n'est pas dans un esprit "politicien", Brest a besoin d'effectifs supplémentaires. Sans trahir des discussions, étayées par des exemples extrêmement précis, je ne peux que me rendre compte en terminant cette immersion que, oui, il y a un réel besoin. Pas pour la gloire, pour le terrain. Besoins humains mais bon sang... besoins financiers pour des locaux aussi.

Vers 01h15 je remonte tranquillement chez moi après avoir déposé brassard et gilet. C'est l'heure de quitter le GSP. Je remonte Place de la Liberté toute éclairée : il n'y a pas âme qui vive. Arrivé le long de Glasgow je croise ceux que je viens déjà de quitter. C'est reparti.

Et pour la plupart à Brest, vous dormiez déjà.

 

Merci à l'équipe qui se reconnaîtra. Votre accueil et votre bienveillance ont été exceptionnels.

Merci au groupe GSP,

Merci à la BAC, (pour vous et pour la ligne du dessus : c'est sportif! Connaissance terrain qui m'épate)

Merci à celles et ceux que je n'ai pas vu : vos collègues ont su être à la hauteur!

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18:11 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | | | |